Santé : Quand le secteur II s’invite à l’hôpital public, la facture est salée

D’après une enquête de 60 millions de consommateurs, les dépassements d’honoraires à l’hôpital public peuvent devenir « indécents » pour les patients.

Cette enquête, publiée jeudi, montre que les chirurgiens autorisés à exercer une activité libérale au sein d’un hôpital public en profitent pour facturer des dépassements d’honoraires considérables, parfois bien supérieurs à ceux d’une clinique privée.

L’enquête a duré plus d’un an et a rencontré de nombreux obstacles pour obtenir ces données notamment auprès des Agences régionales de santé qui rédigent des rapports des commissions d’activité libérales.

Le journaliste s’est en revanche appuyé sur la logistique de la plateforme Santéclair, qui a épluché les données de l’Assurance maladie pour identifier les chirurgiens de chaque CHU qui pratiquaient en secteur II, et les actes qui donnaient le plus souvent lieu à dépassement.

Le magazine donne différents exemples, comme celui d’une prothèse de hanche facturée 4.500 euros alors que le prix remboursé par la Sécurité sociale est limité à 460 euros.

Au total, sur 45.000 chirurgiens de l’hôpital public, 4.524 exercent une activité libérale. Parmi eux, ils sont 1.824 à exercer en secteur 2 et à fixer leurs tarifs librement pour les patients qui veulent être soignés par ces médecins spécifiquement. « Il n’est pas rare que les montants facturés atteignent des taux supérieurs à 1.000% », écrit le magazine.

Les complémentaires santé, et notamment le monde mutualiste, dénoncent depuis longtemps la démesure pratiquée dans les dépassements d’honoraires, y compris dans le monde hospitalier. L’enquête de 60 millions de consommateurs va dans leur sens, et conforte aussi l’idée de constituer des réseaux de soins pour réguler les tarifs des professionnels de santé.