Santé : Les complémentaires en danger selon UFC-Que Choisir

Une étude publiée sur le site de l’UFC-Que Choisir dénonce les dépassements d’honoraires trop importants ainsi que les déserts médicaux qui s’intensifient. Deux tendances qui mettent clairement en danger l’offre de complémentaire santé individuelle.

Il est de plus en plus difficile de se soigner en France et à des prix raisonnables, telle est la conclusion que nous pouvons tirer de l’étude que vient de sortir l’UFC-Que Choisir sur son site internet, le mardi 16 octobre. Une enquête sur « la fracture sanitaire » légitimée par le fait que la santé et l’égal accès aux soins sont les priorités des Français. Une priorité mise en danger par les dépassements d’honoraires et les déserts médicaux. L’étude a analysé l’offre de soins pour quatre catégories de praticiens : les médecins généralistes, les pédiatres, les ophtalmologistes et les gynécologues.

L’enquête montre quelques surprises : il n’y a pas qu’à la campagne qu’il est difficile de se faire soigner. Dans des grandes villes de plus de 100.000 habitants comme Orléans, Le Havre, ou Mulhouse, on ne trouve pas de pédiatres de secteur 1 (sans dépassement). Au total, ce sont 58% des Français qui ont un accès difficile aux pédiatres conventionnés. Pour les ophtalmologistes et les gynécologues, la situation est encore bien pire. Non seulement ces spécialistes se font rares mais moins de la moitié (46%) pratiquent les tarifs opposables. Du coup ce sont 80% des Français, soit 51 millions de personnes, qui ont potentiellement des difficultés à y avoir accès. Si la situation est meilleure pour trouver des médecins généralistes, plus nombreux et pratiquant peu les dépassements, 3,7 millions de personnes vivent néanmoins dans un désert médical et 13,6 millions connaissent un accès difficile à ces praticiens.

Une étude qui tombe à point nommé à la veille de la clôture des négociations entre l’Assurance maladie, les médecins et les complémentaires sur les dépassements d’honoraires et de la discussion, au Parlement, du PLFSS pour l’année 2013.

Une étude qui va aussi dans le sens de l’expertise du Benchmark 2012 des offres de santé individuelle du cabinet Jalma. Mathias Matallah explique : « Dans dix ans, il y aura une raréfaction de l’offre de soin telle que  les assureurs santé vont être confrontés à un problème : dans cinq à dix ans, il sera beaucoup plus facile de vous faire rembourser que de vous faire soigner. Si les gens n’arrivent pas à se faire soigner la notion de remboursement devient un peu un abstraite. Les complémentaires santé vont devoir veiller à ce que leurs assurés puissent s’assurer et puissent consommer leurs garanties sinon ils renonceront à payer une cotisation pour un contrat santé. »