Santé au travail : Xavier Darcos préconise une meilleure formation des managers

    Le ministre du Travail Xavier Darcos a présenté mercredi un “réseau de formation en santé au travail”, destiné à offrir un “socle de compétences” aux managers et ingénieurs, afin que la santé au travail devienne à leurs yeux “un enjeu de qualité et de productivité” de l’entreprise.

    Le Réseau francophone de formation en santé au travail (RFFST) est destiné à offrir une “formation minimale” à “tous les managers et ingénieurs dans le domaine de la santé au travail”, a expliqué Xavier Darcos lors d’une conférence de presse à Paris. Il devra fournir un “référentiel commun” aux cadres, et des “outils  pédagogiques communs” aux formateurs, a précisé le professeur William Dab, titulaire de la chaire Hygiène et Sécurité au travail au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), et auteur d’un rapport sur le sujet en juillet 2008.

    Selon lui, “comme on ne laisse pas des professionnels devenir cadre sans un niveau minimum d’anglais, on ne doit pas laisser des professionnels devenir cadres sans un niveau minimum en santé au travail”. Dans son rapport, il préconisait notamment l’élaboration d’un manuel commun pour “gérer la santé au travail”, qui n’existe pas actuellement, a-t-il regretté. Ce manuel, “en ligne”, sera l’un des premiers objectifs du réseau.

    Un groupe de travail a été créé, pour une première “ossature” dans six mois.

    En matière de formation en santé au travail, “il y a beaucoup de compétences”, mais “ce qui manquait (…) c’est une mise en réseau (…), des références communes”, a expliqué M. Darcos. “La question de santé au travail est une question d’équité” pour les salariés, a-t-il ajouté, mais c’est aussi pour les cadres “une question de  qualité, car l’entreprise va mieux lorsque les salariés vont bien, et c’est un enjeu de productivité”, a-t-il affirmé.

    Pour M. Dab, “au coeur des compétences que l’on attend des ingénieurs et des managers, il doit y avoir la notion de posture managériale”. Cela consiste notamment selon lui “à promouvoir les aptitudes et l’adaptabilité de ses collaborateurs”, et à développer un “contexte propice au dialogue et à l’écoute” et “un lien relationnel serein”. Mais “la première compétence est la vigilance”, a insisté M. Dab. Le  manager doit “savoir repérer les alertes sanitaires, (…) le stress de ses collaborateurs”, a-t-il ajouté.

    Le RFFST fédérera “tous les acteurs compétents sur le sujet” (INRS, Institut de veille sanitaire, Afsset, organismes publics, organisations professionnelles, centres de formation, entreprises, etc.) autour du Cnam.

    Une récente enquête de l’INRS a révélé que l’enseignement des questions de santé et de sécurité au travail s’est développé dans les écoles d’ingénieurs françaises, mais reste encore insuffisant.

    Si 59% des écoles d’ingénieurs déclarent aborder dans leurs enseignements les problématiques de prévention des risques professionnels, 66% des jeunes ingénieurs affirment n’avoir jamais ou rarement abordé ces questions au cours de leur formation, et moins d’un tiers des jeunes ingénieurs gardent un souvenir de ces enseignements, selon cette enquête portant sur 162 écoles d’ingénieurs.