Santé au travail : dépression et anxiété au premier rang des maladies professionnelles

Les pathologies psychosociales, telles que dépression ou anxiété, viennent au premier rang des maladies professionnelles pour lesquelles des personnes ont consulté en 2007 auprès de médecins experts en santé au travail, selon un rapport rendu public jeudi.

Le réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles, placé sous la coordination de l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail), rassemble 32 centres de consultation intégrés généralement dans les CHU, qui conduisent chaque année 15.000 consultations, faites à la demande essentiellement de médecins du travail.

Pour la première fois en 2007 “les consultations pour risque psychosocial s’inscrivent à la première place des consultations pour pathologies professionnelles en France”, représentant 27% des causes de consultation, note l’Afsset dans un communiqué. Ce qui, selon elle, “confirme une tendance lourde” depuis plusieurs années.

Dans 80% des cas, ces pathologies, incluant au premier chef la dépression et l’anxiété, sont imputables au travail. Le secteur des services est le plus concerné, particulièrement les domaines de la finance, de l’immobilier, du commerce, des transports, des communications, de l’éducation et de la santé.

Pour ces problèmes psychosociaux, les femmes consultent plus que les hommes (72% contre 28%).

Les autres causes de consultation sont stables depuis plusieurs années: pathologies respiratoires pour 19% des patients, maladies de peau pour 15%, maladies du système ostéo-articulaire (dont troubles musculo-squelettiques) pour 13% et cancers pour 9% -dont 72% de consultations pour cancers broncho-pulmonaires, liés à l’amiante ou à d’autres substances chimiques-.

L’Afsset avait demandé au gouvernement le mois dernier d’abaisser “sans plus attendre” la valeur limite d’exposition à l’amiante en milieu professionnel, jugeant que le niveau de risque toléré était trop élevé.

Au total, 55% des patients examinés sont des hommes et 45% des femmes, plus jeunes que les hommes, surreprésentés chez les plus de 60 ans.

Avec AFP