Risque climatique : Un groupe d’experts préconise de l’intégrer aux rapports financiers

Les entreprises doivent établir des scénarios de long terme sur leur risques liés au climat, traiter ce sujet au plus haut niveau et inclure leur reporting climatique dans leur rapport financier, recommande mercredi un groupe d’experts coordonné par le milliardaire américain Michael Bloomberg.

Ces recommandations « doivent aider les entreprises à identifier l’information (climatique, NDLR) que les investisseurs, financiers et assureurs ont besoin qu’elles publient pour évaluer correctement leurs risques et opportunités liés au climat », indique ce rapport publié mercredi par le groupe de travail sur les informations financières liées au climat (TCFD pour Task-force on climate-related financial disclosures).

Ce groupe de travail avait été lancé lors de la COP21 à Paris en 2015, sous l’égide du Conseil de stabilité financière (FSB), présidé par Mark Carney, gouverneur de la banque centrale britannique, un organisme créé par le G20 après la crise financière de 2008 pour mener des réformes du système financier. Ce travail répond à une « double motivation » liée à la stabilité financière et à la transition vers une économie mondiale bas carbone, a expliqué à l’AFP Christian Thimann, directeur des affaires publiques de l’assureur français AXA et vice-président de ce groupe.

Il s’agit « de mieux comprendre les risques potentiels dans le système financier » qui viennent par exemple d’une concentration d’actifs à fort impact carbone dans les portefeuilles des investisseurs, ou des conséquences d’évènements climatiques (inondations, sécheresses, etc.) dus au réchauffement de la planète. Par ailleurs l’accord international sur le climat a fixé des objectifs ambitieux contre le réchauffement climatique qui nécessitent de réorienter les investissements vers une économie bas carbone.

« Pour cela, les investisseurs doivent faire une différenciation entre les secteurs où la stratégie est en ligne avec les objectifs climatiques et ceux où ce n’est pas le cas », ajoute M. Thimann. Or, aujourd’hui, l’information climatique des entreprises n’est pas standardisée, comme peut l’être l’information financière des entreprises. C’est pour cela que ce groupe de travail « propose d’intégrer ce reporting dans le rapport financier annuel, car cela change beaucoup de choses pour les entreprises », étant donné que ces rapports sont relus par les conseils d’administration et les organismes qui certifient les comptes, ajoute-t-il.

Le rapport détaille des informations précises que les entreprises devraient publier en matière de stratégie, gouvernance, données et management.