Retraites : La rentrée politique sera-t-elle profitable aux assureurs ?

Le gouvernement fait aujourd’hui sa rentrée. La réforme des retraites sera le premier temps fort politique pour les assureurs. François Hollande annonce des réponses “à la fin de ce mois“.

La rentrée gouvernementale préfigure déjà d’un mois de septembre qui sera placé sous le signe des réformes, une nouvelle fois, et des attentes.
La première réforme, et sans doute l’une des plus importantes, concerne les retraites. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault recevra les partenaires sociaux dès la semaine prochaine, les 26 et 27 août, pour préparer une réforme qui sera présentée au plus tard le mercredi 4 septembre. Dans ses propos d’ouverture du séminaire de travail gouvernemental, le Président de la République a indiqué vouloir donner des réponses “à la fin de ce mois” sur la question des retraites ainsi que sur la reprise économique.

Sur les retraites, les rumeurs ont été nombreuses pendant l’été. Allongement ou non de la durée de cotisation, hausse de la CSG, création d’un “compte pénibilité”, les prémices de projet ne trouveront des réponses qu’à partir de la première semaine de septembre.

Du côté des assureurs, le sujet reste important. “Les assureurs sont au cœur du débat” estimait Bernard Spitz, président de la FFSA lors de la présentation des résultats annuels consolidés de l’assurance en France en juin dernier (interview à retrouver dans le JT du 1er juillet). La protection sociale est, avec les chantiers à venir autour de la dépendance et les complémentaires santé en plus des retraites, un point clé pour le secteur. Les assureurs ont versé 39Mds d’euros de retraite en 2012, selon les chiffres de la FFSA, soit plus que les prestations maladie (35Mds) et décès (25Mds).

Surtout, ils entendent s’installer sur un marché qui peine toujours à décoller. Ainsi en 2012, les cotisations retraite enregistrées par les assureurs atteignaient 11,3Mds d’euros, le même niveau qu’en 2008, la première hausse après trois années consécutives de baisse. Point positif, les particuliers représentent maintenant 42% des cotisations contre 35% en 2008.

En mai dernier, Claude Fath, fondateur d’Agipi expliquait dans une interview à News Assurances PRO que “les régimes collectifs et obligatoires de retraites ont de très grandes difficultés. […] Nous avons en France, à la différence des pays voisins, deux dispositifs extrêmement importants que sont le dispositif Madelin et le dispositif Fillon qu’on appelle le Perp. Ces deux outils sont insuffisamment utilisés, mais ils le sont de plus en plus. Nous pensons que le développement peut se faire avec de bons produits de retraite, des produits qui garantissent les choses. En 2012, nous avons fait une croissance de 71% sur le produit retraite Perp et 114% sur le contrat Madelin“, preuve d’un certain dynamisme de l’assurance retraite supplémentaire.

Cet enjeu de la retraite a mobilisé les campagnes de communication des assureurs qui ont fait de l’assurance-vie un produit idoine pour la retraite. Mais la collecte négative du mois de juin, après 6 mois en positif, a rappelé l’incertitude qui plane sur le secteur. Car l’assurance-vie sera l’autre grand sujet de la rentrée. Si le dossier de la résiliation infra-annuelle semble déjà bouclé, la fiscalité de l’assurance-vie reste encore assez incertaine. Le contrat “eurocroissance” plaît aux assureurs qui ne se sont pas privés de le faire savoir, mais ils réclament une clarté de la fiscalité et surtout, un statu-quo. Pour ce sujet, l’attente sera un peu plus longue que pour les retraites, mais elle sera autrement plus stressante.