Résultats T3 : Scor enregistre une baisse

Le réassureur français Scor a enregistré au troisième trimestre un bénéfice net de 112M d’euros, en baisse de 40,4%, un repli lié à un effet de base défavorable, mais un résultat conforme aux attentes des analystes, selon un communiqué publié mardi.

Le troisième trimestre 2011 avait, en effet, été dopé par un profit d’acquisition (badwill) de 101M d’euros lié à l’acquisition de Transamerica Re, ancienne division américaine de réassurance de l’assureur néerlandais Aegon.

En données pro forma, le résultat est en hausse de 17,9%. Il est globalement conforme aux prévisions des analystes, qui tablaient sur 107,9M d’euros selon un consensus établi par l’agence Bloomberg.

Les primes brutes émises sont en hausse de 27,6% à 2,579Mds d’euros, une progression soutenue à la fois par l’activité dommage et responsabilité (+21,7%) et par la réassurance-vie (+33,8%), cette dernière bénéficiant à plein de l’intégration de Transamerica Re (+4,8% en pro forma et à change constant).

En dommage et responsabilité, le ratio combiné (coût d’indemnisation des sinistres et frais généraux rapportés aux primes perçues) a reculé à 93,6%, contre 94,8% pour la même période de 2011.

Sur les neuf premiers mois de l’année, il s’affiche à 93,7%, en très fort repli par rapport aux 106,6% de la même période de l’an passé, avec un premier trimestre 2011 marqué par une série sans précédent d’événements naturels majeurs.

Scor a « la capacité d’absorber le choc » de l’ouragan Sandy

Lors d’une conférence téléphonique avec l’AFP pour présenter ses résultats trimestriels, Denis Kessler, le PDG de Scor a indiqué que Scor a « la capacité d’absorber le choc » financier résultant du passage sur la côte nord-est des États-Unis de l’ouragan Sandy, en soulignant que son groupe devrait être moins touché que certains de ses concurrents. Il a aussi précisé que « personne ne pouvait donner aujourd’hui une estimation précise » du coût des sinistres assurés par la compagnie. Pour l’ensemble du marché de l’assurance et de la réassurance, Scor prévoit une facture allant de 20 à 25Mds de dollars. Les estimations publiées jusqu’ici ont varié entre 20 et 50Mds, selon les sources.

M. Kessler a rappelé qu’une part importante des sinistres était liée aux interruptions d’activité qui ont frappé les entreprises, ce qui induit un délai plus long pour l’évaluation du montant à indemniser. « Dans certains cas, les entreprises n’ont pas recommencé à fonctionner, les commerces sont fermés », a souligné le PDG.

Scor prévoit que la proportion des dégâts totaux qu’il lui faudra indemniser sera inférieure à sa part du marché mondial de la réassurance, principalement parce qu’ « il y a certaines activités à New York sur lesquelles nous ne sommes pas », a indiqué M. Kessler.

Au premier rang de ces activités, le contrat assurant le système de transport collectif, qui « sera sans doute un très gros sinistre ». La circulation du métro de New York a été interrompue durant plusieurs jours et l’eau a pénétré dans plusieurs tunnels.

« Nous avons un portefeuille plus restreint, plus limité que d’autres », a expliqué le dirigeant.

Quant au coût qu’aura effectivement à supporter Scor, le groupe « devrait pouvoir absorber ce choc » en puisant dans le budget dédié aux catastrophes naturelles et en libérant des réserves excédentaires constituées au fil des années, selon M. Kessler.

Paris, 13 novembre 2012 (AFP)