Résultats 2010 / FFSA : L’assurance-vie en perte de vitesse

La collecte en assurance-vie pour 2010 atteint 144,1Mds d’euros (+4%), pour des prestations de 106,1Mds d’euros (+7%). Logiquement, la collecte nette est en baisse à 50,1Mds d’euros (-1%). Le mois de décembre a même été un mois de décollecte, pour la première fois depuis décembre 2008.

2010 ne s’est pas terminée aussi bien qu’elle avait commencé. En janvier, la FFSA annonçait un taux de progression de l’assurance-vie de 11%. En décembre 2010, ce sera un taux négatif, et ce pour la première fois depuis décembre 2008, trimestre funeste pour la finance et par rebond pour “le placement préféré” des Français.

Le bilan présenté par la FFSA montre donc cette réalité. La collecte a progressé sur l’année de 4%. Le ralentissement a commencé en juillet et n’a cessé depuis le milieu de l’année pour atteindre un taux trois fois plus faible que l’an passé (+ 12% en 2009). Les produits en euros sont encore largement plébiscités par rapport aux contrats multisupports, la part des unités de compte descendant à un plus bas historique de 13% (19,1Mds d’euros contre 125Mds d’euros pour les fonds euros).

Collecte ralentie, prestations en hausse

La concurrence des placements liquides malgré les faibles taux” soulignée par Jean-François Lequoy, délégué général de la FFSA, a largement compliqué la vie des assureurs. La sécurité et la disponibilité l’ont emporté. A tel point que le dernier quadrimestre a révélé une hausse des prestations servies.

Les rachats partiels ont été en forte hausse” sur la fin de l’année a ainsi précisé Jérôme Cornu, directeur des études et de la statistique à la FFSA. Des rachats partiels qui ont même entraîné une collecte nette négative et qui inquiète les acteurs du marché.
Face à ce nouvel affront, le marché de l’assurance-vie ne s’annonce pas florissant pour l’année 2011.

Bercy à la rescousse ?

Malmenés par le gouvernement qui a contribué à alourdir la facture fiscale de “5,2Mds d’euros, très au-delà de son poids dans l’économie” comme l’a rappelé Bernard Spitz, président de la Fédération, les assureurs pourraient pourtant retrouver quelques espoirs à Bercy.

Commentant le discours de Nicolas Sarkozy à St Nazaire Bernard Spitz a précisé que les assureurs étaient “prêts à aller dans le sens d’une épargne orientée vers les entreprises mais il faut que les assurés le veuillent” a-t-il lâché avant de dévoiler qu’il y a eu “des discussions l’an dernier avec le ministère des Finances qui ont permis de définir à peu près le contour d’un produit en UC qui garantisse un minimum de 12% d’actions”.

Avec une incitation fiscale à la clef, les assureurs pourraient trouver, en Bercy, un allié de poids dans la reconquête de l’assurance-vie et particulièrement des ces produits en unité de compte rémunérateurs.