« Reste à charge zéro » en optique : hausse des cotisations de 2,6% ou baisse des prix de 15%, est-ce raisonnable ?

Le 23 janvier 2018, Agnès Buzyn, Ministre de la Santé et des Solidarités, a lancé la concertation avec les acteurs de l’optique, des audioprothèses et du dentaire, pour parvenir à un “reste à charge zéro” pour les dépenses de santé de ces secteurs d’ici 2022.

L’objectif de cette mesure : permettre aux Français de pouvoir accéder à une offre sans reste à charge dans les domaines de l’optique, de la prothèse auditive et de la prothèse dentaire. Alors que la Sécurité sociale connait un déficit net de 4,4 milliards d’euros, elle ne peut à elle seule supporter financièrement la mise en place de cette mesure.

Comment supporter financièrement cette mesure dans le domaine de l’optique : en augmentant les cotisations de 2,6 %, en diminuant les prix de 15%, ou en proposant d’autres solutions ?

Qu’est-ce que le reste à charge ?

Le reste à charge est la part des dépenses de santé qui n’est couverte ni par l’assurance maladie obligatoire, ni par l’assurance maladie complémentaire. Le reste à charge est important dans le secteur de l’optique où les prix sont fixés librement.

« Reste à charge zéro » en optique, où en est-on ?

Sur le portefeuille des assurés gérés par Gras Savoye Willis Tower Watson, le « reste à charge zéro » est déjà effectif pour 51% des achats de verres. Cependant, l’enjeu d’atteindre le « reste à charge zéro » n’implique pas le même effort sur tout le territoire et en fonction de la complexité du verre.

Le financement par l’Etat du « reste à charge zéro » ne semble pas envisagé au regard du déficit de la Sécurité sociale.

Les assurés n’étant pas couverts à 100 % doivent en moyenne financer eux-mêmes 116 € pour deux verres (64€ pour les verres simples et 164€ pour les verres complexes).

La mesure qui entrera en vigueur va devoir prendre en compte toutes ces disparités de prix afin d’apporter une réponse pertinente à cette problématique.

Le « reste à charge zéro », quel financement ?

Le financement par l’Etat du « reste à charge zéro » ne semble pas envisagé au regard du déficit de la Sécurité sociale.

Une solution simple serait d’imposer aux assureurs de garantir un remboursement intégral. Sans modification des pratiques tarifaires des opticiens, cela engendrerait une augmentation de 2,6 % des cotisations. Cette piste n’est pas envisagée par le gouvernement car elle provoquerait un alourdissement des charges des entreprises et une baisse du pouvoir d’achat des salariés.

Une autre réponse envisagée par le gouvernement serait de recourir à un encadrement de l’offre.

Plusieurs solutions seraient alors envisageables :

  • imposer à tous les opticiens de proposer ces verres dans des conditions fixées,
  • permettre l’accès à un réseau d’opticiens à tous les assurés
  • mettre en place des services permettant aux assurés de trouver, proche de chez eux, des opticiens qui respectent des prix plafonds.

Si la première solution devait s’appliquer à l’ensemble des verres, il faudrait demander aux opticiens de baisser en moyenne leurs prix de 15 %.

Le réseau optique, un allié de taille pour répondre à cette problématique ?

Aujourd’hui la mise en place d’un réseau optique est la solution la plus courante pour améliorer le taux de couverture. 70 % des assurés gérés par Gras Savoye bénéficient déjà de cette solution.
Le réseau optique a l’avantage de s’engager à respecter une charte de qualité et à encadrer les prix de tous les verres, ce qui pourrait éviter certaines dérives tarifaires pour les verres non couverts à 100 %.
Toutefois, ils ont un coût compris entre 2,30 € et 3,50€ par an et par bénéficiaire. De plus, la densité des opticiens membres n’est pas identique sur tout le territoire.

Une solution alternative pourrait être alors de challenger les opticiens et les réseaux de soins en s’appuyant sur l’analyse des données de consommation par verre et par zone géographique ainsi qu’une mise à jour fréquente des prix pratiqués par chaque opticien. Cette solution pourrait se déployer chez les gestionnaires complémentaires ou chez les concentrateurs de tiers payant.

L’encadrement des prix sera-t-il suffisant ?

Dans tous les cas, l’encadrement des prix ne sera pas suffisant pour atteindre l’objectif « reste à charge zéro », car même sur des verres simples à prix déjà compétitifs, en moyenne 8% du prix reste encore à charge de l’assuré. Cela signifie qu’il faudra parallèlement augmenter les garanties les plus faibles.

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