Réforme : Solvabilité II représente un coût de 300 millions d’euros au marché du Lloyd’s

L’instauration des nouvelles normes du marché de l’assurance dites Solvabilité II “va coûter 300 millions d’euros” au Lloyd’s, a affirmé le président du grand marché londonien de l’assurance spécialisée Lord Levene dans un entretien aux Echos publié vendredi.

“La mise en place de Solvabilité II va coûter environ 300 millions d’euros au marché du Lloyd’s dans son ensemble”, a regretté Peter Levene cité par le quotidien, d’autant qu’à son avis, ce nouveau cadre prudentiel ne changerait “pas grand chose”. “Nous reconnaissons absolument la nécessité d’avoir un niveau de fonds propres solide, mais le plafond doit être raisonnable”, a-t-il ajouté, tout en affirmant rester “optimiste”.

La directive Solvabilité II – qui fixe le nouveau cadre réglementaire du secteur de l’assurance dont les mesures d’application ne sont pas définitivement arrêtées et doit entrer en vigueur début 2013 – vise à mettre en adéquation le niveau des fonds propres avec le profil de risque de l’assureur.

Interrogé sur les niveaux de prix pratiqués sur le marché dans un tel contexte, Lord Levene les a jugés “très faibles” arguant que pour “rester solides, il faut avoir des prix raisonnables qui correspondent à la réalité”. “Depuis quelques années, il est devenu très difficile d’obtenir des augmentations de prime raisonnables”, a-t-il relevé. Pour que les prix se redressent, il suffirait d'”un seul événement de 50 milliards de dollars”, a-t-il souligné.

Les Lloyd’s assurent les entreprises et personnes en vue de dommages non couverts –accidents et litiges en tous genres– par les assureurs traditionnels.

En terme de résultats, selon Lord Levene, 2010 sera pour les Lloyd’s “une année normale (…) moins favorable que 2009 qui avait été fantastique” avec un profit record de 3,87 milliards de livres.
Les Lloyd’s se développent prudemment mais sûrement dans les pays émergents tels que le Brésil “devenu un pays important pour le Lloyd’s”, le Mexique et la Chine et cherchent toujours à s’implanter en Inde, indique M. Levene. “Nous allons également ouvrir un bureau de représentation à Moscou”, a-t-il aussi précisé.

Quant au marché français, le sixième du Lloyd’s où il réalise 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, M. Levene dit “pousser les syndicats à venir en France” et affirme que l’un des objectifs du groupe est “de rendre moins compliquée la question du Lloyd’s aux yeux des Français.”

Paris, 4 février 2011 (AFP)