Réassurance : Une année 2011 « mouvementée et inhabituelle » selon Guy Carpenter

Dans un rapport d’analyse portant sur l’ensemble des catastrophes naturelles de 2011, le courtier en réassurance Guy Carpenter décrit l’année passée comme une des plus coûteuses pour le secteur, poussant les réassureurs à devoir repenser leur approche des risques pour 2012.

Selon Guy Carpenter, l’année 2011 a été « mouvementée et inhabituelle » pour les réassureurs, avec des pertes atteignant plus du double de celles enregistrées en 2010. En plus de l’environnement économique difficile et l’assimilation de nouveaux type de catastrophes naturelles, le secteur de la réassurance a été impacté par une accumulation exceptionnelle d’événements climatiques mondiaux.

Avec les deux séismes qui ont frappé le Japon et la Nouvelle-Zélande début 2011, les inondations dévastatrices en Thaïlande et en Australie, une saison des tornades record aux États-Unis sans oublier l’ouragan Irene, c’est près de 108Mds de dollars de pertes assurables qu’enregistrent les réassureurs sur les douze derniers mois. Guy Carpenter précise qu’il s’agit de la pire année pour le secteur après 2005 (année de Katrina, 120Mds de dollars de pertes).

Une nouvelle modélisation des risques qui chamboule le marché

Guy Carpenter soulève un fait marquant : pour la première fois, la grande majorité des pertes assurées de 2011 est survenue à l’extérieur des États-Unis et particulièrement dans la région Asie Pacifique qui concentre 2/3 des sinistres. Ainsi, la tendance historique qu’avaient les USA a dicter les prix du marché a changé. « Les pertes historiques de 2011 ont révélé la propagation de catastrophes et de leurs conséquences à travers le monde, y compris dans des domaines d’activité ou des endroits qui n’ont pas toujours été considérés comme préoccupants », explique-t-on chez le courtier.

L’enchaînement de catastrophes survenu en 2011 et l’apparition de nouveaux risques a poussé les réassureurs à revoir leurs modèles de gestion des dangers, à repenser ou recréer la modélisation de certains risques. Les trois principales sociétés de modélisation de catastrophes naturelles (AIR Worldwide, EQECAT et RMS) ont d’ailleurs mis à jour plusieurs de leurs produits ou modèles déjà existants pour d’autres pays. Ces modifications qui portent sur les risques causés par les tremblements de terre, le vent ou les inondations, ont créé de l’incertitude au sein du marché de la réassurance. Ainsi ces changements dans la perception des risques a sensiblement modifié le montants des pertes calculées et l’incidence sur les renouvellements qui se sont terminés au 1er janvier 2012.