Reassurance / Dépendance : Selon Denis Kessler, « Il faut mettre en place des contrats labellisés »

En organisant une journée consacrée à la dépendance, Scor Global Life a dressé un état des lieux de la perte d’autonomie sur le marché français et international. L’occasion pour la branche vie du réassureur d’évoquer les futurs enjeux de ce risque et de proposer des pistes de travail.

Scor Global Life couvre plus de 3 millions de personnes en dépendance, dont 1,3 million en France (130M d’euros de primes en 2010). Face aux problématiques de la perte d’autonomie, le réassureur vie semble tourné vers les enjeux qui se dessinent dans les futures années.

« La dépendance est un marqueur de la société actuelle. C’est un sujet sur lequel on peut innover par rapport à ce qui se fait actuellement », déclare Denis Kessler, le président du groupe Scor. « Il faut s’orienter vers des solutions nouvelles, sans toutefois créer un dispositif qui déséquilibrerait des finances publiques », ajoute ce dernier en évoquant ce qui se fait dans les pays scandinaves.

La durée de la vie en question

Scor Global Life, qui considère la dépendance comme un risque générationnel, s’appuie notamment sur l’hypothèse d’une espérance de vie plus longue et d’une « rectangularisation » de l’âge limite de la vie. Le réassureur vie prédit également « un choc de longévité » qui impliquerait à court et moyen terme une transition coûteuse pour les assureurs de ce risque et à long terme une plus grande demande de produits dépendance. « Le nombre de personnes âgées augmente, par conséquent le nombre de cas de dépendance aussi, mais il n’est pas proportionnel. Il a même eu tendance à se réduire », précise Denis Kessler.

« Il faut correctement définir le risque dépendance », enchaîne ce dernier. « C’est un risque continue, évolutif et incertain. Les transitions entre les phases de dépendance sont également difficiles à dater, et cela pose de nombreux problèmes aux assureurs ». Le président du groupe Scor a ensuite précisé que la dépendance avait une duration limitée à 3 ou 4 ans, quasiment pas réversible. « Aujourd’hui, le risque dépendance n’est pas stable, si la duration augmente d’un an, la charge augmentera de 25% », poursuit-il sur ce volet.

Quelle solution de financement ?

Afin d’éviter un « risque iatrogène » autour de la dépendance (une mise en place de dispositifs pour faire face à la dépendance entrainerait de fait une hausse du nombre de personnes dépendantes) Scor Global Life préconise plusieurs pistes, notamment une couverture universelle mais pas obligatoire.

« Il faut mettre en place un label pour les contrats dépendance avec un socle de garanties minimal, une sorte de nucleus de protections. Les contrats avec label pourront bénéficier d’une incitation fiscale », déclare Denis Kessler. « De plus, on ne peut pas se substituer entièrement à la société civile, il faut créer un partenariat public/privé avec une saine concurrence. Les personnes prévoyantes s’assureraient (sphère privée), les imprévoyantes dépendraient alors de la solidarité nationale (sphère publique) avec, dans ce cas, un recours sur succession et héritage (système d’opt out) », conclut le président du groupe Scor.