Réassurance : La baisse des tarifs pourrait continuer en 2016 et 2017

La fin du cycle baissier tant attendue par les réassureurs ne devrait pas être pour 2016, ni même pour 2017 selon S&P Global Ratings.

Dans le jeu de l’offre et de la demande en réassurance, ce sont les cédantes, à savoir la demande, qui devraient encore conserver la main dans les prochains mois. Selon les prévisions de S&P Global Ratings, les tarifs pourraient continuer de baisser dans une fourchette comprise entre 0 et 5% en 2016 et 2017. La faute à des capacités abondantes, des taux bas, qui impactent les réassureurs, mais encore plus les assureurs, enclins à couvrir leurs risques plus intelligemment, mais aussi aux capitaux alternatifs qui viennent ajouter de la pression tarifaire bien qu’ils ne constituent pas un concurrent direct à la réassurance traditionnelle.

Malgré cela, S&P Global Ratings ne prévoit pas d’action sur la note des réassureurs dans les 12 à 24 prochains mois. « Les réassureurs demeurent solides », a indiqué Lotfi Elbarhdadi, directeur senior chargé de l’assurance au sein de l’agence de notation. « Ces dernières années, ils ont par ailleurs mis en place des manœuvres tactiques pour amortir les effets des conditions de marché, atteste Marc-Philippe Juilliard, directeur chargé de l’assurance. Ils ont opéré des transferts de traités non-proportionnels, vers plus de traités proportionnels. Ils ont piloté leur gestion d’actifs vers des allocations plus risquées. Certains se sont diversifiés dans des activités d’assurance directe comme la RC américaine ou le crédit-caution. Enfin les vagues de consolidations opérées en 2014 et 2015, ont permis de ralentir l’accroissement des capacités ».

Mais ces manœuvres n’ont qu’un temps juge Marc-Philippe Juilliard. Et les performances opérationnelles des réassureurs pourraient s’en faire ressentir. D’autant que dans le même temps, les taux bas ne permettent pas de combler une éventuelle érosion des résultats techniques par les résultats financiers. L’agence de notation prévoit ainsi une dégradation du ratio combiné du secteur – entre 97% et 102% en 2016 et entre 100% et 104% en 2017, et un retour sur fonds propres compris entre 7% et 9%, quand il dépassait allègrement les 10%, les années précédentes.

Assez cyniquement, il faudrait une catastrophe naturelle de grande ampleur pour grignoter des capacités de marché et permettre aux réassureurs de reprendre la main sur les tarifs en vue de reconstituer des capacités.

Dans son analyse, S&P Global Ratings note par ailleurs que le fossé se creuse encore en peu plus entre les très gros réassureurs et les petits et moyens. Le top 10 représente ainsi 74% du marché.