Rachat d’AIA : Prudential pourrait modifier son offre

Le groupe d’assurances britanniques Prudential essayait toujours mardi de sauver son rachat géant d’AIA, branche asiatique de l’américain AIG, en proposant selon le Financial Times à ce dernier de modifier la composition de l’offre, tandis que des actionnaires fomentaient une révolte.

Le groupe, qui devait présenter mercredi dernier les détails financiers de son opération, a dû y renoncer au tout dernier moment devant des réticences de la FSA, le régulateur des marchés britanniques, qui s’inquiète d’une possible dangereuse fragilisation de ses fonds propres après ce rachat à 35,5Mds de dollars.

Prudential avait jusqu’à présent l’intention de payer son achat à hauteur de 25Mds de dollars en numéraire, dont une augmentation de capital de 20Mds de dollars et un emprunt de 5Mds de dollars, et à hauteur de 10,5Mds de dollars en titres divers et actions préférentielles Prudential, le tout devant faire d’AIG son actionnaire à 11%.

Mais la FSA a bloqué l’opération, craignant pour le montant de fonds propres de l’assureur. Celui-ci s’apprêterait donc, selon le FT, à transformer pour au moins deux milliards de dollars la partie prêt de son offre en titres hybrides, qui pourraient être attribués à AIA en échange d’une baisse équivalente de la partie en numéraire de l’offre, une décision qui pourrait convenir à la FSA.

Parallèlement à tous ces efforts, de petits actionnaires mécontents du lancement de toute cette opération se sont fédérés en un groupe dénommé le Prudential Action Group, qui vise à s’opposer à tout ce rachat. Ils essaient de réunir 10% des actionnaires, par la valeur des actions qu’ils détiennent, pour proposer une motion de défiance contre le directeur général de Prudential Tidjane Thiam. Celui-ci, qui est franco-ivoirien, est à la tête du groupe depuis quinze mois après en avoir été directeur financier pendant un an.

Londres, 11 mai 2010 (AFP)