Promesse employeur : Les entreprises françaises sont de plus en plus performantes

De bonnes perspectives de développement professionnel font partie des indispensables de la promesse employeur, autant en ce qui concerne l’attraction que la rétention des talents. Or, nous avons constaté une amélioration constante de la capacité des entreprises françaises à respecter leur promesse sur ce point. En effet, 50% des salariés français estiment être suffisamment informés sur leurs possibilités d’évolution professionnelle au sein de leur entreprise actuelle¹. Cette proportion est certes inférieure de 9% à la moyenne européenne mais il s’agit néanmoins d’un progrès de 5% depuis 2008 (qui grimpe à +11% depuis 2008 si l’on s’intéresse aux managers uniquement). Cela tend à impacter positivement l’image employeur des entreprises (+5% vs. 2010).

Cette promesse employeur des entreprises françaises pourrait néanmoins devenir plus attractive sur les marchés français et mondial des talents, à condition d’optimiser le processus de développement professionnel de chacun, et d’accorder à cette nécessité sa juste place.

Les promesses employeur des entreprises françaises se concrétisent…

Du point de vue du salarié, le premier facteur d’attraction et de rétention est le salaire

Depuis 2008, les employeurs concentrent leurs efforts sur ce qu’ils considèrent comme le premier facteur d’attraction et de rétention des talents : la richesse des perspectives de développement professionnel proposées aux salariés². Les entreprises françaises se sont ainsi fixé des objectifs clairs et chiffrés en termes de formation de leurs collaborateurs et de mobilité. Cela s’est traduit par un nombre croissant de collaborateurs obtenant des formations et des opportunités de progression qu’ils jugent satisfaisantes par rapport au prisme de leurs propres plans de carrière (suite à un certain « relâchement » dans la politique de formation entre 2009 et 2011, on rattrape le retard avec +5% de salariés satisfaits depuis 2012)¹.

Ces efforts ont été appuyés par des avancées en communication interne. Cependant, ces progrès sont avant tout « descendants » : les collaborateurs gagneraient à se montrer de plus en plus « acteurs » de leur développement professionnel.

…sans tenir totalement compte des priorités professionnelles des salariés français

En effet, du point de vue du salarié, le premier facteur d’attraction et de rétention d’une promesse employeur est le salaire², et non les perspectives de développement professionnel qu’offre l’entreprise. Ce dernier arrive 3ème position en termes d’attraction d’un nouvel entrant, et 2ème pour la rétention de celui-ci une fois recruté.

Une conclusion sera tirée par les entreprises françaises qui veulent attirer des talents : elles doivent poursuivre leurs efforts et offrir plus de perspectives et moyens de développement de carrière à leurs salariés présents et futurs, tout en équilibrant avec les différentes priorités de ces mêmes collaborateurs.

1 : Dans le cadre de cette étude, les opinions des salariés français ont été suivies sur 8 ans (2008-2015). Chaque année, 180.000 salariés, tous basés en France, travaillant dans 125 entreprises différentes, sont interrogés par questionnaire par Willis Towers Watson. Leurs opinions ont été étudiées en comparaison avec un benchmark composé de plus d’1,7 million de salariés, mis à jour tous les ans, tous basés en Union européenne. Au total, sur l’ensemble des 8 années, les réponses de plus d’un million de salariés français ont été analysées.


2 : L’étude Willis Towers Watson Global Talent Management and Reward 2016 a été conduite d’avril à juin 2016 dans 29 pays. Elle concentre les réponses de presque 21 millions d’employés pour plus de 2.000 entreprises.


Chloé Karam est Senior Consultant chez Willis Towers Watson, spécialiste dans le domaine de l’engagement des salariés (8 ans d’expérience) et du leadership assessment. Elle intervient en tant que Chef de projet dans le cadre de diverses missions pour de grands groupes du CAC40. Chloé est titulaire d’un Doctorat en Sciences Humaines et Sociales (Psychologie Sociale) de l’Université Paris Descartes (Paris V) et d’un Master Recherche de Paris Descartes/EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales).

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