Projets de l’UE contre la spéculation des produits dérivés financiers d’assurance : « Dangereux » selon Barclays

Un analyste de la banque britannique Barclays a affirmé vendredi qu’il trouvait dangereux pour le système financier les projets de l’Union européenne contre la spéculation sur les produits dérivés financiers d’assurance contre le risque de défaut d’un Etat (CDS).

Le gouvernement allemand avait indiqué lundi que la chancelière Angela Merkel, le président français Nicolas Sarkozy et le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker travaillaient à des propositions communes pour encadrer la spéculation sur les produits dérivés financiers, dont ces « Credit Default Swaps ». L’idée d’interdire la détention de ces CDS par des investisseurs ne possédant pas de titre de dette correspondant a émergé après les mouvements constatés sur ces marchés, notamment concernant la Grèce. D’après un stratégiste crédit de Barclays aux Etats-Unis, Ashish Shah, cela aurait pour effet d’assécher un marché utile pour se couvrir contre les risques de défaut.

« Nous pensons qu’interdire la détention de CDS équivaut à interdire carrément les CDS, puisque cela paralyserait toute transaction sur le marché », a-t-il expliqué dans une note aux clients de la banque, transmise à l’AFP. « Nous continuons de croire que ce serait extrêmement destructeur pour des marchés qui permettent actuellement de compenser la concentration des risques et d’encourager l’activité de prêt », a-t-il ajouté. M. Shah a également rejeté l’argument selon lequel la spéculation sur les CDS aurait aggravé la crise budgétaire grecque, relevant que les cours actuels des CDS montraient des investisseurs qui s’inquiètent moins de la dette du pays que le marché plus traditionnel des obligations ne le fait.

New York, 12 mars 2010 (AFP)