Prévention santé : un nouveau modèle crédible pour les assureurs ?

0

Mieux vaut prévenir que guérir. Cette maxime reflète-t-elle l’avenir de l’assurance santé ? Dans un contexte où la maîtrise des coûts est de plus en plus cruciale pour la survie des assureurs, nous assistons à un changement de paradigme. L’ancien modèle qui repose sur le remboursement de frais médicaux pourrait évoluer pour se concentrer sur la prévention santé. Cette dernière présente en effet des opportunités pour les assureurs.

C’est pourquoi l’éditeur de logiciel et prestataire de services dans l’assurance santé Cegedim Insurance Solutions a récemment dévoilé son étude « Et vous, quel assureur santé serez-vous en 2030 ? ». L’entreprise a interrogé les plus grands assureurs français pour mieux comprendre les enjeux, les bénéfices et les limites de la prévention santé.

Assurance santé : le carcan de la maîtrise des coûts

Trois facteurs principaux sont à l’origine de la pression économique accrue exercée sur les assureurs aujourd’hui :

  • L’augmentation des maladies chroniques qui entraîne un coût de remboursement de plus en plus élevé que les maladies infectieuses (transition épidémiologique) ;
  • Le coût des nouvelles technologies médicales qui émergent et seront largement répandues à l’avenir;
  • La transformation digitale qui frappe l’assurance santé de plein fouet.

Ainsi, pour survivre, l’assurance santé doit se transformer en profondeur. Dans l’optique de contenir les coûts et de mieux gérer les risques, la prévention santé offre de belles opportunités.

Prévention santé : un nouveau modèle innovant

Pour être viable, la transition vers la prévention santé doit s’appuyer sur un modèle économique solide. C’est là tout l’enjeu pour les assureurs : amortir leurs investissements et les transformer source de revenus. Plus facile à dire qu’à faire, à cela, deux explications :

  • Investir dans la prévention, c’est investir dans le long terme. Or, la majorité des acteurs de l’assurance santé sont dépendants de retours sur investissement rapides. En effet, qui peut dire avec certitude quand se feront sentir les actions de prévention sur un assuré ?
  • La prévention est un investissement incertain. Qui dit qu’un assuré ne changera pas de prestataire avant que son assureur précédent n’ait rentabilisé son investissement ? Le risque est gros de voir les gains escomptés se transformer en pertes sèches.

Investir dans la prévention santé est donc plus risqué pour les assureurs. Cette situation ne les encourage pas à développer des offres solides en la matière. Ce qui est paradoxale quand on sait que le système de prévention répond mieux aux enjeux de la transition épidémiologique.

Comment les difficultés législatives entravent le développement de la prévention santé

La législation française complique la tâche des assureurs dans l’Hexagone par rapport à leurs collègues d’outre-Manche et d’outre-Atlantique. En effet, les systèmes de protection sociale anglo-saxons présentent des différentes profondes avec l’approche française.

En France, les assureurs auront l’obligation de répondre à des questions aussi sensibles que cruciales avant de mettre sereinement en place la prévention santé :

  • Quel usage sera fait des données collectées par les assureurs ? Seront-ils en mesure de garantir un niveau de protection suffisant en ce qui concerne les données personnelles de leurs assurés ? Il faut en effet garder à l’esprit qu’une nouvelle législation sur ce sujet entrera en vigueur le 25 mai 2018 : le règlement européen sur la protection des données (RGPD). Ce texte prévoit de contrôler et valider l’usage fait par les assureurs des données personnelles a posteriori. Pas de validation en amont et donc des risques plus élevés.
  • Cela ne risque-t-il pas de pénaliser certains assurés et de créer un déséquilibre ? La protection sociale et l’assurance santé sont des valeurs conçues pour être universelles. Or, si un assuré ne suit pas les recommandations de prévention qui lui sont faites, il risquerait de se voir infliger des pénalités de remboursement.

Ces problématiques saperaient les fondations de ce système de prévention santé avant même qu’il est éclos tout à fait. Ce qui a pour effet de ralentir le développement de ce nouveau modèle pourtant mieux adapté aux enjeux actuels.

Or, comme le souligne certains assureurs interrogés dans le cadre de l’étude menée par Cegedim Insurance Solutions, les données pourraient être utilisées autrement. On pourrait s’en servir pour créer des contrats presque sur mesure, mieux adaptés aux nouveaux besoins des assurés. Les assureurs pourraient ainsi utiliser les données comme levier de fidélisation client tout en pratiquant des prix plus justes.

Pour en savoir plus sur le sujet, téléchargez le livre blanc de Cegedim Insurance Pro : « Et vous, quel assureur santé serez-vous en 2030 ? ».

Si vous avez des questions ou des remarques sur l’avenir de l’assurance santé, n’hésitez pas à les partager en commentaire !