PME : les évaluations de l’assurance-crédit redoutées après la publication des résultats 2009

Contrairement aux grands groupes cotés qui ont déjà tous livré leurs résultats, les petites et moyennes entreprises publieront les leurs à partir de mai. C’est une étape clé dans la vie des PME françaises, qui redoutent cette année les notations des assureurs-crédit après un exercice marqué par la crise.

En premier lieu, c’est la Banque de France qui analyse les comptes, ce qui pourrait l’amener à revoir les notes qu’elle leur attribue et qui déterminent leur accès au crédit. Mais les PME craignent surtout la réaction des assureurs-crédit, accusés pendant la crise d’avoir aggravé leurs problèmes de trésorerie en diminuant brutalement leur couverture, pour réduire leurs propres risques.

L’assurance-crédit concerne environ un quart des entreprises en France et a pour vocation d’assurer un fournisseur contre le non remboursement de ses créances par ses entreprises clientes. « L’an dernier, la Banque de France a décoté beaucoup d’entreprises mais elle a été vigilante », pour ne pas pénaliser trop durement les entreprises, déjà frappées par la crise, affirme Benoît Defoug, vice-président de la CGPME. Il juge plus sévèrement les assureurs-crédit, qui « n’ont pas du tout pris de recul », selon lui, mettant à mal les crédits consentis par les entreprises entre elles.

Mais les assureurs-crédit se défendent de se baser sur les seuls bilans des entreprises pour attribuer leurs notes. « On a régulièrement des échanges téléphoniques avec les chefs d’entreprises, on leur demande quelles sont leurs perspectives, comment ils sentent leur business », indique Karine Berger, directrice marchés et marketing d’Euler Hermes SFAC.
Plus qu’auparavant, les assureurs-crédits affirment aussi qu’ils vont cette année comparer davantage les entreprises entre elles pour les évaluer autrement que par leurs résultats. Et même s’ils s’attendent à des bilans dégradés en raison de la crise, ils se veulent rassurants: « Toutes les informations qui arrivent concernant 2009, on les avait déjà intégrées », souligne Karine Berger.

Ils incitent aussi les chefs d’entreprise à communiquer dès maintenant sur leur début d’année 2010, s’ils ont enregistré un rebond de leur activité. « C’est aussi aux entreprises de faire l’article », pointe Jérôme Cazes, directeur général de Coface. « Elles doivent consacrer un peu de temps à leur communication financière, même si elles ne sont pas cotées », selon lui. Pour le Medef, les entreprises qui ont recours à l’assurance-crédit devraient être avantagées : « Il faudrait que la Banque de France en soit informée pour mieux les noter puisqu’elles ont fait l’effort de s’assurer », estime Stephan Brousse, président du comité TPE-PME du Medef. Selon lui, cela encouragerait toutes les entreprises à s’assurer et limiterait ainsi les défaillances.

Avec AFP (Paris)