Mediobanca confirme Cesare Geronzi à la tête de l’assureur Generali

Le président de la banque d’affaires italienne Mediobanca, Cesare Geronzi, devrait succéder à Antoine Bernheim fin avril à la présidence de l’assureur Generali et Vincent Bolloré devrait prendre la vice-présidence, a officialisé mardi Mediobanca.

De sources proches du dossier, on avait déjà indiqué vendredi que M. Geronzi avait été désigné comme futur président et M. Bolloré comme vice-président, mais aucune annonce officielle n’avait encore eu lieu dans ce dossier qui agite les milieux économiques italiens depuis des mois. Le comité de nomination de Mediobanca, qui en tant que premier actionnaire de Generali avec 14,7% du capital nomme 16 des 19 administrateurs, a donc publié mardi la liste des candidats que la banque proposera lors de l’assemblée générale de Generali le 24 avril. Les trois autres administrateurs seront désignés par les actionnaires minoritaires. Figurant en première position sur cette liste, M. Geronzi devrait donc être élu président du troisième assureur européen. Le comité de nomination a d’ailleurs proposé un nouveau président pour Mediobanca, en la personne de l’actuel directeur général Renato Pagliaro, pour remplacer M. Geronzi.

Formellement, la nomination pour trois ans des membres du conseil devra être approuvée le 24 avril par l’assemblée générale. Et c’est ensuite le conseil qui devra élire le président. M. Geronzi, âgé de 75 ans, qui a également été président de la banque Capitalia avant sa fusion avec UniCredit en 2007, est considéré comme l’un des grands ordonnateurs de la finance italienne, disposant de solides réseaux politiques. Agé de 85 ans, Antoine Bernheim lâche donc la présidence de l’assureur, qu’il occupait depuis 2002 après l’avoir déjà exercée de 1995 à 1999, ainsi que le conseil d’administration. Mais il ne quittera toutefois pas totalement le groupe car il devrait être nommé “président honoraire à vie”, selon une source proche du dossier.

L’héritage de M. Bernheim sera assuré par son complice de toujours, l’homme d’affaires français Vincent Bolloré, qui était entré dans le capital de Mediobanca pour reporter son ami à la présidence de Generali en 2002. Placé en deuxième position sur la liste, M. Bolloré, qui détient 5% de Mediobanca et est le chef de file des actionnaires européens (Groupama, Santander) au sein du pacte d’actionnaires de la banque, devrait être nommé vice-président de Generali, selon une autre source proche du dossier. Sur le plan opérationnel, Giovanni Perissinotto et Sergio Balbinot, les deux directeurs généraux actuels du groupe, sont également sur la liste et devraient donc être renouvelés à leur poste.

Encadré par M. Bolloré et l’administrateur délégué de Mediobanca, Alberto Nagel, qui devrait lui aussi être nommé vice-président de Generali, M. Geronzi aura sur le papier un pouvoir limité car il ne disposera pas de responsabilités opérationnelles. Mais la presse italienne juge qu’il est hautement improbable que cet homme, qui pèse depuis des décennies dans la finance italienne, n’imprime pas clairement sa marque. Certains observateurs s’inquiètent toutefois que ses démêlés avec la justice — il a été impliqué dans plusieurs affaires de faillite dont celle du groupe agroalimentaire Parmalat en 2003, pour laquelle il est actuellement jugé– ne représentent un risque pour la réputation de Generali. Le poste de président de Generali est hautement stratégique en Italie, le “Lion de Trieste” détenant de nombreuses participations, notamment dans la banque Intesa Sanpaolo ou dans Telecom Italia.

Milan (Italie), 30 mars 2010 (AFP)