Médicaments génériques : un marché encore insuffisamment développé en France

    La Mutualité française, qui fédère la quasi-totalité des mutuelles santé, publie aujourd’hui une étude intitulée “Bilan de 25 ans de politique du médicament générique”. Celle-ci démontre que ce marché reste encore insuffisamment développé en France comparé aux autres pays européens.

    Ainsi, en 2007, moins d’une boîte sur cinq délivrée en France était un médicament générique, contre déjà 1 boîte sur 2 en Allemagne et au Royaume-Uni en 2005. Les perspectives d’économies pour la collectivité sont encore importantes : elles sont évaluées à 493 millions d’euros pour 2008.

    Convaincue que le développement du médicament générique est une source importante de financement de l’innovation thérapeutique, la Mutualité française formule également dans ce bilan ses propositions pour une politique des génériques plus ambitieuse.

    Des freins au développement des génériques
    L’étude identifie les principaux acteurs en présence et distingue les forces positives et négatives exercées par chacun d’eux sur le marché des médicaments génériques.

    Si les pharmaciens jouent un rôle central dans le développement du marché des génériques, de nombreux freins persistent. Ils sont inhérents au cadre réglementaire qui entoure les médicaments génériques et qui confère au répertoire des génériques un champ trop étroit. Ils sont également, et surtout, la conséquence d’une stratégie très offensive de l’industrie pharmaceutique princeps. Ainsi lorsqu’un nouveau générique est commercialisé, les médecins ont tendance, sous la pression des laboratoires pharmaceutiques, à reporter leurs prescriptions sur un produit protégé par un brevet et donc plus cher. L’industrie pharmaceutique pratique également des stratégies de contournement en développant par exemple un médicament chimiquement proche mais qui n’apporte pas de bénéfice thérapeutique véritable par rapport à la molécule d’origine.

    Vers la création d’un répertoire des équivalents thérapeutiques
    L’enjeu de ces prochaines années sera donc d’élargir le répertoire des groupes génériques et de lutter contre les stratégies de contournement. La Mutualité française propose notamment la création d’un répertoire des équivalents thérapeutiques par l’et l’assurance maladie. Cet outil permettrait aux praticiens d’identifier les traitements qui, à efficacité égale, engagent une dépense moindre pour la collectivité et le patient.

    A travers cette étude, la Mutualité française entend poursuivre son engagement de plus de 20 ans afin que chaque assuré social accède enfin aux traitements les plus adaptés au meilleur prix, ce qui permettrait aussi de financer les vraies innovations thérapeutiques. Elle va continuer à informer ses adhérents sur les avantages des médicaments génériques, à inciter les médecins à prescrire dans le cadre du répertoire des génériques et en dénomination commune internationale (DCI) et à sensibiliser les autorités de santé.