Mediator : Les mutuelles demandent 100M d’euros de cautionnement à Servier

Après la Sécurité sociale, qui avait déjà demandé mercredi un cautionnement de 225M d’euros au laboratoire pharmaceutique, c’est au tour des mutuelles de réclamer des garanties quant au dédommagement des frais liés au Mediator. Selon de nouvelles révélations du Figaro, les pièces continuent de s’ajouter au dossier contre Servier.

Alors que la parquet de Paris a élargi l’enquête à l’escroquerie au préjudice des caisses de sécurité sociale et des mutuelles, La Mutualité française a demandé lundi aux juges d’instruction chargés de l’enquête sur le Mediator d’imposer au laboratoire  Servier de verser 100M d’euros en garantie de futurs dédommagements qu’il pourrait être condamné à verser.

Une somme réclamée en vue du dédommagement du nombre de boîtes de Mediator remboursées indûment entre 2000 et 2009 et de la prise en charge des opérations liées aux effets secondaires du médicament

« On demande, dans l’hypothèse de la mise en examen probable, que le juge fixe une caution et garantisse nos droits. On estime qu’il faut garantir les intérêts des mutuelles et les droits des adhérents » de la Mutualité française, qui regroupe 600 mutuelles de santé et assure 38M de personnes, a expliqué Me Patrick Maisonneuve à l’AFP, confirmant une information de RTL.

Les 100M d’euros « est à mon avis un chiffre de fourchette basse parce qu’il est très compliqué d’être plus précis. C’est une évaluation qui demande à être affinée, mais qui en tous les cas ne pourra pas être affinée par le bas », a-t-il ajouté. 

Des modifications sur un rapport du sénat pour minimiser sa responsabilité

Pendant ce temps les révélations autour des pratiques du laboratoire n’en finissent plus de tomber. Le site du Figaro a révélé mercredi que le laboratoire serait intervenu en juin afin de minimiser sa responsabilité dans un rapport du Sénat, accentuant en revanche celle de l’Afssaps.

Le Figaro cite des extraits d’écoute téléphonique entre le directeur opérationnel du groupe Servier, Jean-Philippe Seta, et Claude Griscelli, professeur de pédiatrie et de génétique et ancien directeur général de l’Inserm, ce dernier expliquant : « j’ai fait changer pas mal de choses », ajoutant : « j’ai, par contre, accentué beaucoup les reproches que l’on peut faire à l’Afssaps ».

Marie-Thérèse Hermange, rapporteur au Sénat, a de son côté démenti, indiquant qu’elle avait bien rencontré Claude Griscelli pour discuter de ce rapport, mais qu’« aucun élément n’en a été modifié à la demande de M. Griscelli ».

(Avec AFP)