Marché / Réforme retraites : Les assureurs ont une carte à jouer avec l’épargne retraite

Le secteur de l’assurance est le plus à même de profiter du développement de l’épargne retraite, encouragé par la réforme des retraites, mais doit courtiser davantage ses clients, indique mardi le cabinet de conseil Deloitte.

Sans prendre en compte les effets de la réforme votée en octobre, le besoin d’épargne des Français atteint 243 milliards d’euros par an, afin de garder un revenu moyen équivalent à 70% de celui d’avant la retraite, selon une étude conjointe de Deloitte et de l’assureur Aviva.

Toutefois, les Français misent peu sur les produits d’épargne retraite, en comparaison notamment avec l’assurance vie. En 2009, les cotisations de l’ensemble des contrats d’épargne entreprise et particuliers se sont établies à 12 milliards d’euros, en hausse de 7,7% sur un an, soit un “marché en assez forte croissance”, remarque Phillipe Burger, associé chez Deloitte. Or, la réforme des retraites, outre le recul de l’âge de départ, encourage le développement de l’épargne retraite. Pour Deloitte, les perspectives de développement “se situent principalement dans le cadre des dispositifs collectifs”, notamment le plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco).

Selon le cabinet de conseil, les assureurs “sont les mieux placés” pour profiter de ces marchés, à condition qu’ils aient une démarche s’adressant directement aux salariés. Les assureurs doivent pouvoir proposer un emploi des ressources dégagées lors de la liquidation par le nouveau retraité de ses plans d’épargne. Deloitte observe que peu d’acteurs “sont réellement organisés”, la liquidation de la retraite étant vue comme un acte de gestion plutôt qu’une nouvelle démarche commerciale.

Côté produits, le cabinet de conseil estime que les assureurs devraient s’orienter vers des offres intégrées proposant des services adaptés aux besoins de la vie du retraité, allant du conseil à des solutions d’hébergement. Ces offres nécessitent de dépasser le cadre de l’assurance au travers de partenariat avec par exemple des institutions de prévoyance, des mutuelles ou des associations.

Au total, “il y a beaucoup de place à prendre pour les acteurs du secteur”, d’autant que “d’autres acteurs sont prêts” au premier rang desquels les banques, conclut Deloitte.

Paris, 14 décembre 2010 (AFP)