Le marché de l’épargne-retraite : Bilan 2016 et perspectives 2017

Au premier semestre 2016, le marché est relativement calme pour la mise en place de nouveaux dispositifs en retraite pour les grandes entreprises contrairement aux petites et moyennes entreprises. Si les entreprises sont toujours sollicitées par leurs salariés inquiets de la baisse du taux de remplacement des régimes de retraite obligatoires, la conjoncture économique conduit à un certain attentisme. Cependant, à la suite d’audit des régimes existants, beaucoup de grands groupes décident de lancer des appels d’offres afin d’optimiser les garanties offertes en retraite et en épargne salariale. Par ailleurs, après quelques années de ralentissement de mise en place de dispositifs de préretraite du fait de la taxe Fillon de 50%, on assiste au premier semestre à une appétence pour cette solution d’accompagnement entrant dans le cadre de PSE. Enfin, l’ordonnance 2015-839 définissant les modalités de sécurisation des rentes versées dans le cadre des régimes de retraite supplémentaire à prestations définies devrait pousser les assureurs à proposer de nouvelles solutions. La plupart des sociétés ayant déjà externalisé les rentes, le nombre de sociétés affectées par cette ordonnance est faible. Cependant, pour les sociétés concernées, les enjeux sont majeurs.

La conjoncture économique conduit à un certain attentisme

Comme l’année dernière, certains assureurs se refusent à mettre en place sur l’Actif Général des dispositifs de retraite ou de préretraite ayant des durations courtes. En effet, la baisse significative des taux n’est pas favorable à ce type d’investissement. Au risque de dilution de la performance de l’Actif Général, se couplent les règles prudentielles de Solvabilité II. L’offre en Unités de Compte moins gourmande en fonds propre est privilégiée au travers une gestion pilotée par défaut.

Les prix en Retraite sont stables pour les gestions en Unité de Compte mais en hausse sur les gestions en Euro. Une gestion financière beaucoup plus diversifiée se développe avec des gérants de renom tels que Carmignac, Fidelity, Franklin Templeton, Rothschild, BlackRock. Les assureurs mettent fin aux garanties de table ancienne et résilient les contrats. Les efforts des assureurs en matière de reporting administratif et financier améliorent la qualité du service rendu aux clients. Ces efforts doivent être également mis en œuvre pour les courtiers.

On regrettera cependant que certains assureurs refusent toujours le transfert des contrats de retraite à cotisations définies (art 83) et Indemnité de Fin de Carrière (IFC) si cela n’a pas été prévu dans le contrat. Les assureurs sont en train de rattraper leur retard en termes de rapidité et de souplesse pour les opérations d’arbitrages entre les supports de gestion même si, pour beaucoup de compagnies d’assurance, ils se font encore par papier et non par internet. Par ailleurs, les entreprises cherchent des alternatives aux régimes de retraite à prestations définies (Art 39) dont bénéficient les dirigeants de grandes sociétés. Ainsi, certains assureurs adaptent leurs offres et proposent maintenant des régimes à cotisations définies de type « Article 82 » (régime ne bénéficiant pas d’avantage fiscal et pouvant être liquidé en capital).


Mourad Bentoumi, est actuaire et Directeur du Département Retraite et Avantages sociaux de Willis Towers Watson en France. Mourad est spécialisé dans le conseil à l’International incluant les Fusions acquisitions, les Audits internationaux, le design et la mise en place de plans de retraite et prévoyance pour des sociétés en France, auxEtats-Unis, en Afrique et au Moyen-Orient, ainsi que la coordination de projets pour des multinationales.

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