Les systèmes de retraites complémentaires dans le rouge dès 2009

    L’impact de la crise économique et financière se fait sentir sur les comptes des systèmes de retraites complémentaires. Selon les projections, l’Agirc affichera un déficit technique dès cette année, soit cinq ans plus tôt que prévu.

    Des projections inquiétantes. Les chiffres ont été communiqués aux partenaires sociaux à l’occasion du démarrage des négociations sur l’avenir des retraites complémentaires. Ils font état d’une nette dégradation des comptes, pourtant largement excédentaires jusqu’en 2007. L’Agirc (retraite complémentaire des cadres) basculerait ainsi dans le rouge dès cette année, avec un déficit technique de 730 millions d’euros. L’Arrco (ensemble des salariés) réussirait à préserver l’équilibre en 2009, mais terminerait 2010 avec un débit de 620 millions d’euros.

    L’impact de la crise économique. Le phénomène irait ensuite en s’amplifiant. En 2020, le déficit cumulé des deux régimes pourrait ainsi atteindre 4,1 milliards d’euros en 2015 et plus de 7 milliards et demi d’euros par an à partir de 2020. Ces chiffres doivent être pondérés : ils n’intègrent pas les bénéfices financiers pouvant résulter du placement des réserves. Ils indiquent toutefois une aggravation de la situation. Jusqu’à présent, les analyses prévoyaient que les comptes des retraites complémentaires pourraient se maintenir à l’équilibre jusqu’en 2014. Mais la brusque remontée du chômage a mis un terme à la progression de la masse salariale et réduit les cotisations sociales qui assurent les recettes des deux caisses.

    Des mesures de redressement. Un redressement durable des comptes imposera des mesures difficiles. Selon des estimations réalisées par les techniciens de l’Agirc-Arrco, une augmentation de 1 point des cotisations rapporterait un peu moins de 6 milliards d’euros par an à partir de 2010. Quant au recul de l’âge minimum légal de départ à la retraite, il faudrait le porter à 63 ou même 65 ans pour qu’il puisse avoir des effets réels. Troisième piste envisagée : une baisse des rendements de 20% avant 2015 équilibrerait les comptes jusqu’en 2030.

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