Les Français vis-à-vis de l’épargne et de leurs placements : Une aversion au risque

    Depuis octobre 2004, La Banque Postale parraine, en partenariat avec Les Echos, le « Baromètre Epargne », réalisé par le département Finance de TNS Sofres, sur les comportements des Français vis-à-vis de l’épargne et de leurs placements.

    – Tension sur l’épargne, avec une proportion d’épargnants au plus bas, sur les comportements récents comme sur les intentions à court terme.                          – Prudence dans la gestion des placements : liquidité avant tout et risque minimum.
    – Aversion au risque particulièrement marquée sur les placements : actions en premier lieu, sentiment de risque renforcé sur SICAV / FCP et obligations
    – Regain d’intérêt pour l’automobile et l’immobilier, également pour les actions auprès des actionnaires, sans pour autant que cela déclenche le « passage à l’acte ».

    Depuis le début de la crise financière, 1 Français sur 5 a changé sa façon de gérer ses placements, privilégiant la sécurité et plus encore la liquidité. Une tendance qui devrait se confirmer.

    – Les plus jeunes sont plus nombreux à avoir changé leur façon de gérer leurs placements : 30% parmi les 18-24 ans (vs. 20% sur l’ensemble de la population).

    – Pour les prochains mois, les Français orienteront leur gestion vers des produits liquides (43%) et moins risqués (36%). Moins d’1 sur 10 envisage de diversifier ses placements, de répartir son épargne entre plusieurs banques ou même d’en changer.

    – Nette tension sur l’épargne sur la période récente, comme pour les prochains mois, avec des indicateurs au plus bas depuis la création du baromètre

    –  Si la difficulté d’épargner est toujours aussi fortement ressentie (81%), la nécessité d’épargner baisse significativement : de 89% en juin 2008 à 80%, soit le point le plus bas depuis la création du baromètre. Signe de difficulté, d’impossibilité à le faire ? Crainte vis à vis des placements ou encore désintérêt de l’épargne à cause des taux de rendement peu incitatifs ?

    – Moins d’un Français sur deux (45%) a épargné au cours des 3 derniers mois, soit le plus bas niveau historique : 5 points de moins par rapport à la vague précédente (50% juin 2008) et 8 points de moins par rapport à il y a an (53% janvier 2008).

    – Les intentions d’épargne pour les 3 prochains mois sont également en recul : 1 Français sur 2 (51%) prévoit d’épargner, soit 7 points de moins qu’il y a 1 an – également au plus bas.

    – Autre expression de cette tension, les objectifs d’épargne pour les 3 derniers mois comme pour les 3 mois prochains, n’ont jamais été aussi peu nombreux, signe d’un certain recentrage des priorités. Néanmoins, la hiérarchie reste la même : constitution d’un « matelas » et préparation « d’investissements » arrivent en tête.

    – Face à la baisse des taux des produits d’épargne, 4 Français sur 10 ont l’intention de consommer plutôt qu’épargner, devant faire des arbitrages (1/4), un tiers souhaitant ne rien changer

    – Recours aux réserves : des Français plus prudents, qui souhaitent ne pas avoir à y puiser

    – Moins d’1 Français sur 2 (46%) a puisé dans ses réserves au cours des 3 derniers mois, au plus bas niveau historique (moins 4 points vs. juin 2008).

    – Dans leurs intentions (3 prochains mois), la baisse est également sensible : environ • (24%) prévoit de puiser dans ses réserves (soit moins 5 points vs. juin 2008)

    –  Placements financiers : « coup de froid » général, particulièrement sur les actions

    – Au hit-parade des placements financiers préférés, l’assurance-vie reste en tête, mais recule nettement (préférée par 49%, contre 58% en juin 2008). Les valeurs mobilières sont toutes plus fortement touchées (25%, soit -21 points), y compris les SICAV/FCP (10%, -13 points).

    – La perception du risque attaché aux placements est au plus haut :
    o Les actions restent perçues comme le placement le plus risqué pour 90% (contre 87% en juin 2008).
    o Le renforcement du risque est plus net pour les obligations (77%, + 10 points) et les SICAV/FCP (74%, + 13 points).

    –  Concernant la Bourse et les actions, l’attrait du Grand Public, traditionnellement mesuré pour ce type de placement, se maintient à son plus bas niveau :
    o Le contexte pour investir en Bourse reste très peu favorable : un « bon moment » pour 14% seulement -se stabilise à son niveau le plus bas – contre 27% en décembre 2006 (- 13 points en un peu plus de 2 ans).
    o Quant à « L’appétit personnel » pour l’achat d’actions, seulement 6% des français envisagent aujourd’hui d’acheter des actions, contre 13% en décembre 2006 (-7 points).

    –  Auprès des actionnaires, si la forte baisse des cours de Bourse semble leur réouvrir des opportunités, leur appétit reste au plus bas :
    o Pour 36% c’est un bon moment pour placer en Bourse, soit + 8 points (vs. juin 2008), mais cela reste nettement en-deça du plus haut observé également fin 2006 (49%).
    o 19% seulement sont incités à acheter des actions (vs. 43% fin 2006)

    –  Projets d’investissements : des Français plus frileux, malgré le sentiment que le contexte présente des opportunités, notamment dans l’immobilier ou l’automobile

    – Le contexte est perçu comme particulièrement favorable aux investissements pour l’achat d’une voiture (« bon moment » pour 44%, +18 points vs. juin 2008) et l’achat d’une résidence principale (43%, +17 points) : sentiment d’opportunités, de marges de négociation intéressantes.

    – Mais lorsqu’il s’agit de « passer à l’acte », les intentions (à 12 mois) sur l’ensemble des projets sont en baisse, avec notamment des plus bas niveaux observés sur :
    o Achat de résidence principale : 8% (-5 points vs. juin 2008)
    o Achat de voiture ou autre véhicule : 16% (-7 points vs. juin 2008)
    o Réalisation de travaux à domicile : 30% (-6 points vs. juin 2008)