Les Français se ruent chez les pharmaciens pour se procurer du Tamiflu

    tamiflu-70Les pharmaciens français font face à une demande importante de Tamiflu, antiviral efficace contre le nouveau virus de grippe, alors que ces “achats de précaution n’ont aujourd’hui aucun intérêt”, explique le président de l’Ordre national des pharmaciens Jean Parrot.

    Pour Jean Parrot, le message aujourd’hui doit être clair : “On n’achète pas, on ne prescrit pas, on ne vend pas” de Tamiflu.

    Un pharmacien du 2e arrondissement de Paris a confirmé mercredi à l’AFP avoir eu des demandes dès l’annonce de l’épidémie au Mexique, alors qu’il n’avait qu’une boîte en réserve, la période de grippe saisonnière étant terminée. Il est également en rupture de stock de masques.
    Une situation similaire est décrite par le président du Syndicat des pharmaciens des Bouches-du-Rhône Charles Fauré : peu de stock donc plus rien en officine.
    Pas de panique en revanche dans le Nord. Des pharmaciens font état de demandes de masques, mais rien de significatif pour le Tamiflu. A Strasbourg, on évoque “quelques frémissements”.

    Sans pouvoir avancer de chiffres, Jean Parrot assure que “tous les pharmaciens, plus ou moins, ont des demandes”. Certains clients cherchent à obtenir du Tamiflu sans ordonnance tout en sachant qu’il doit normalement être prescrit. D’autres, à l’occasion d’une visite chez le médecin, lui demandent une prescription.

    “C’est une véritable bêtise de prendre ce médicament aujourd’hui”, dans une volonté de prévention, martèle-t-il, “dans la mesure où pour être efficace, il faut qu’il y ait eu une exposition certaine au virus”. Pour Jean Parrot, l’attitude panique du “chacun pour soi” n’a pas de sens dans un pays “doté d’éléments de nature à pouvoir faire face à un risque pandémique”. On a 27 millions de doses de Tamiflu en stock, a-t-il souligné.

    “Aujourd’hui les médecins généralistes en France n’ont aucune raison de prescrire quoi que ce soit, si ce n’est de rassurer les patients dans 99% des cas, et au moindre doute de les adresser à l’hôpital pour des analyses”, renchérit Martial Olivier-Koehret, président du syndicat MG-France.

    Le cas des personnes qui doivent se rendre au Mexique fait exception et les autorités sanitaires admettent qu’ils se fassent prescrire du Tamiflu avant de partir, à utiliser si des symptômes apparaissent. “J’ai donné du Tamiflu à deux personnes devant se rendre au Mexique. Elles souhaitaient également des masques, mais je n’arrive pas à m’en procurer”, a témoigné une pharmacienne de Bordeaux.

    Sur internet, des sites sans scrupules profitent de l’aubaine. Ainsi un site de vente de médicaments en ligne, qui se présente comme “une compagnie internationale, ayant des bureaux dans le monde mais opérant sous les lois de l’île Maurice”, essaie d’aviver l’inquiétude.

    “Combien de temps allez-vous attendre avant de décider qu’il est temps de protéger votre famille? Combien vous faut-il encore de décès pour que vous commenciez à prendre la grippe porcine au sérieux? Nous offrons les seuls médicaments (Tamiflu et Relenza) qui peuvent vous sauver la vie” si vous êtes atteint de la grippe porcine, assène ce site. “Achetez votre traitement avant qu’il ne soit trop tard, les stocks ne dureront pas longtemps”, poursuit-il.

    “Jusqu’à présent le médicament vedette sur internet c’était le Viagra, demain ce sera le Tamiflu”, commente Jean Parrot qui rappelle les dangers : au mieux on achète “de la poudre de perlimpinpin”, mais il peut aussi s’agir de produits toxiques.

    AFP