Les dépenses de santé progressent moins vite dans de nombreux pays de l’OCDE ces dernière années

    Le ralentissement des dépenses de soins de santé conjugué à une croissance de l’activité économique a entraîné une stabilisation des dépenses de santé en pourcentage du PIB dans de nombreux pays de l’OCDE, selon l’édition 2008 d’Eco-Santé OCDE.

    En 2006, dernière année pour laquelle on dispose de données comparables, les dépenses de santé ont affiché une progression moyenne tout juste supérieure à 3 % en termes réels dans les pays de l’OCDE ; il s’agit là du plus faible taux enregistré depuis 1997. Si l’on s’intéresse à l’évolution en tendance au cours de cette décennie, les dépenses de santé se sont inscrites en forte hausse dans de nombreux pays de 2000 à 2003, s’accroissant en moyenne de 6.2 % par an au cours de cette période. Depuis 2003, elles ont toutefois évolué à un rythme moins soutenu, soit 3.6 % par an en moyenne.

    Dans les économies de l’OCDE, les dépenses de santé moyennes exprimées en pourcentage du PIB sont demeurées inchangées en 2006 par rapport à 2005, ressortant à 8,9 %. Dans plusieurs pays, la fraction du PIB consacrée à la santé a légèrement diminué de 2005 à 2006, alors qu’elle s’est stabilisée dans d’autres. Dans l’ensemble, cette évolution marque un arrêt à une progression à long terme de la part des dépenses de santé dans le PIB des pays de l’OCDE, qui s’établissait en moyenne à 6.6 % en 1980.

    Dans de nombreuses économies, le ralentissement des dépenses de santé observé ces dernières années a été accentué par une décélération des dépenses pharmaceutiques. En 2006, les dépenses pharmaceutiques ont enregistré en moyenne dans les pays de l’OCDE une hausse de 2 % seulement en termes réels, contre des taux de croissance de 6 % à 7 % par an de 2000 à 2003 et de 3 % à 3.5 % par an en 2004 et 2005.

    Aux États-Unis, les dépenses publiques de médicaments délivrés sur ordonnance ont augmenté de 30 % en 2006, en raison de l’introduction du nouveau programme Medicare relatif à la prise en charge des traitements médicamenteux des personnes âgées et des handicapés. Cette majoration des dépenses publiques a été partiellement compensée par une réduction de 4 % des dépenses privées liées à ces médicaments. La part publique des dépenses pharmaceutiques a été portée de 24 % en 2005 à 30 % en 2006, bien qu’elle demeure toujours à l’avant-dernier rang parmi les pays de l’OCDE. Aux États-Unis, les dépenses de médicaments se sont globalement accrues de 4.5 % en termes réels en 2006, après avoir grimpé de 2.2 % en 2005.

    Avec une somme de 843 USD par personne en 2006, les États-Unis arrivent en première position concernant les dépenses totales de médicaments par habitant, comprenant les médicaments vendus sur ordonnance et sans ordonnance. Ils sont suivis du Canada, de la Belgique et de la France. À l’opposé, le Mexique, la Pologne, le Danemark et la Nouvelle-Zélande sont les pays qui dépensent le moins: de 182 USD par personne au Mexique à 303 USD en Nouvelle-Zélande. Les variations des dépenses de médicaments entre les pays proviennent des écarts de prix et des différences de consommation, ainsi que de la rapidité et de l’ampleur de la mise sur le marché de médicaments nouveaux et souvent plus onéreux.