L’engagement des employeurs sur la protection sociale

Les employeurs s’engagent sur des programmes RSE. Notre enquête explique aussi leur intérêt pour des programmes de protection sociale.

L’engagement des employeurs sur la protection sociale à travers des programmes globaux : état des lieux d’une tendance avérée !

A l’origine, les programmes RSE…

Depuis quelques années maintenant, les employeurs s’engagent de manière clairement affichée sur des programmes dits de responsabilité sociétale (ou sociale) de l’entreprise (programmes RSE), ayant pour vocation d’ « investir davantage dans le capital humain, l’environnement et les relations avec les parties prenantes » (extrait de la définition de la RSE par la Commission Européenne). Cette tendance s’explique surtout par les évolutions de la société (évolutions culturelles, démographiques, économiques) et l’influence des Etats incitant les entreprises à être plus responsables. Ainsi les entreprises, par souci de ne pas se laisser distancer par la concurrence, mais également pour améliorer l’image et la gestion des ressources, investissent de plus en plus sur la RSE.

L’extension des programmes RSE vers la protection sociale, et ce que dit notre enquête

Et c’est dans le cadre de ces programmes RSE, ou en périphérie de ceux-ci, que certains employeurs développent des programmes de protection sociale pour l’ensemble de leurs salariés, avec pour principaux objectifs de rendre l’entreprise plus productive, mais aussi d’améliorer la visibilité (en interne mais aussi en externe) et la lecture de la protection sociale offerte aux salariés du groupe.

Notre dernière enquête réalisée en début d’année 2019 auprès de multinationales françaises a pu démontrer l’intérêt grandissant des entreprises pour ces programmes groupe de protection sociale, avec différentes terminologies, telles que « couvertures ou socle minimum groupe », ou « couverture standard groupe », « programme CARE »… Ainsi la majorité des entreprises du CAC40 ont mis en place, ou ont l’intention de mettre en place d’ici 2 ans, ce type de programme. Et il est intéressant de constater que ces programmes ne sont pas dédiés ou applicables uniquement aux multinationales ayant des effectifs importants, puisque le panel de l’enquête incluait des entreprises de taille sensiblement réduite disposant de programmes équivalents, avec des objectifs similaires. En effet la protection sociale est un enjeu pour tout employeur, celui-ci ayant un bénéfice à retirer d’un programme social cohérent et répondant aux attentes et besoins des salariés. D’ailleurs à l’échelle des Etats, des pays tels que le Brésil, la Thaïlande ou le Ghana ont su mettre en place un système de protection sociale adapté à leur population, ayant eu un rôle moteur de développement de la richesse et de l’économie du pays, comme le souligne l’Organisation Internationale du Travail (OIT) dans son dernier rapport 2017 – 2019 sur la protection sociale dans le monde. Ce rapport reprend par ailleurs les suggestions émises par l’OIT quant au niveau de protection sociale cible que chaque Etat devrait proposer. Ces niveaux constituent souvent les références retenues par les entreprises lorsqu’elles souhaitent mettre en place des couvertures minimums pour leurs salariés, afin de combler les manques de protection sociale dans les pays disposant de système inadapté ou peu généreux. C’est aussi dans ces pays que ce type de programme d’entreprise peut avoir un effet fort d’attraction et de rétention sur les salariés.

Les programmes d’entreprise de protection sociale portent très généralement sur les notions d’universalité (80% des programmes selon notre enquête), avec des couvertures pour tous les salariés d’un groupe le plus souvent pour les situations et cas lourds de la vie (décès, invalidité, accident, hospitalisation lourde). Ces programmes peuvent également inclure, en plus du caractère universel des couvertures, d’un niveau minimum, très souvent associé au capitaux décès versé aux familles (typiquement d’une valeur équivalant à deux années de salaires de la personne décédée selon l’enquête réalisée), mais également aux congés maternité, avec un consensus fort sur un minimum correspond à un maintien de salaire à 100% sur une période de 14 semaines, toujours selon notre enquête.

Une tendance certaine des programmes groupe de protection sociale

Les tendances attendues sur les prochaines années portent fortement sur le développement des programmes groupes de protection sociale, avec certainement un renforcement de la prise en charge des cas lourds de la vie que peuvent subir les salariés, la mise en place de prestations de bien-être pour l’ensemble des salariés, et l’intégration de minimum pour les congés paternité, tendant vers celui des congés maternités, à l’image de ce que les Etats commencent à mettre en place petit à petit, comme l’Espagne dernièrement par exemple.

La mise en place et le suivi de ces programmes peuvent constituer un coût pour l’entreprise, qui peut toutefois être optimisé par des solutions de financement (notamment via des solutions globales du type pooling ou captive, utilisées dans 29% des programmes selon l’enquête). Il est par ailleurs très important de considérer l’économie, plus ou moins directe, à plus ou moins long terme, qui s’en dégage et justifie alors cet effort financier initial, qui doit finalement être considéré comme un investissement long-terme à fort potentiel. En tout état de cause, et pour toutes les considérations évoquées ci-dessus, il peut être acquis que les entreprises développeront toutes des programmes globaux de protection sociale, certes avec des ambitions propres à chacune d’entre elles, mais toujours tournés sur des notions de bien-être, de socle minimum et de protection et accompagnement des salariés dans les aléas de la vie.

La mise en place et le suivi de ces programmes peuvent constituer un coût pour l’entreprise, qui peut toutefois être optimisé par des solutions de financement. Mais le plus important est l’économie, plus ou moins directe, à plus ou moins long terme, qui s’en dégage et justifie alors cet effort financier initial, qui doit finalement être considéré comme un investissement long-terme à fort potentiel. En tout état de cause, et pour toutes les considérations évoquées ci-dessus, il peut être acquis que les entreprises développeront toutes des programmes globaux de protection sociale, certes avec des ambitions propres à chacune d’entre elles, mais toujours tournés sur des notions de bien-être, de socle minimum et de protection et accompagnement des salariés dans les aléas de la vie.

Contact

Philippe Girard
Director Benefits International, Global Services and Solutions

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