Le bancassureur KBC sous la coupe d’une enquête approfondie de Bruxelles sur ses sauvetages

    Le belge KBC, qui a déjà eu besoin de trois plans de sauvetage depuis le début de la crise financière, s’attend à ce que la Commission européenne ouvre une enquête approfondie sur les aides publiques dont il a bénéficié.

    “La Commission européenne devrait ouvrir une procédure pour analyser plus en détail les plans de KBC Groupe sur la stratégie à mener”, indique le groupe dans un communiqué publié vendredi. KBC précise avoir présenté jeudi à la Commission européenne, en charge de vérifier que les aides publiques dans l’UE ne nuisent pas trop à la concurrence, un rapport sur ses activités et sa stratégie après les plans de sauvetage.

    KBC y “estime que les fondements de son activité demeurent solides et qu’il est en mesure de poursuivre ses activités, en tant qu’entreprise financièrement saine, grâce à un modèle d’entreprise viable basé sur ses marchés domestiques actuels et à un profil de risque adapté”, a commenté Jan Vanhevel, patron par intérim du groupe, cité dans le communiqué. Il affirme que KBC “sera capable de rembourser le gouvernement dans un délai raisonnable”.

    KBC avait été renfloué une première fois en octobre par l’Etat fédéral belge, de 3,5 milliards d’euros, puis une deuxième en janvier par la région flamande, de 2 milliards d’euros avec une option pour 1,5 milliard supplémentaire qui a été activée.

    Mi-mai, le groupe avait de nouveau dû appeler à l’aide et avait obtenu un système de garanties de l’Etat fédéral, prévoyant une possible entrée au capital de ce dernier en échange d’une nouvelle injection de capital. Bruxelles avait approuvé en décembre le premier plan de sauvetage. Et KBC lui a notifié officiellement cette semaine les mesures prévues par les deux derniers plans de sauvetage.

    La Commission européenne a durci le ton ces derniers temps sur les banques aidées sur fonds publics face à la crise financière, exigeant de plusieurs d’entre elles de sévères restructurations pour garantir leur viabilité à long terme.

    AFP