L’assurance-vie comme financement « obligatoire » de l’économie ?

Christian Estrosi annonçait dimanche 4 avril sur iTélé sa volonté de « repositionner » l’argent collecté sur des placements d’assurance-vie vers l’industrie française, « pour accompagner sur le moyen et le long terme les entreprises ». Il a également fustigé les banques – ce qui ne sera pas pour déplaire aux assureurs – en affirmant que « le système bancaire ne joue pas le jeu ».

Fin janvier, Bernard Spitz, en présentant les résultats de l’assurance en France au nom de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA) avait déjà clamé haut et fort que l’assurance était le moteur de l’économie et que le secteur « avait un rôle à jouer » dans la reprise économique.

Puis, quelques temps plus tard, c’était Nicolas Sarkozy, lors du discours de clôture des États généraux de l’industrie le 4 mars dernier, qui annonçait la mise en place prochaine, ou tout au moins la réflexion, d’un livret d’épargne dédié à l’industrie.

Il semble donc que le ministre soit plutôt enclin à se servir là où se trouve l’argent. Parmi les 1.265Mds d’euros de placements que l’assurance vie compte, la ponction d’une ou deux centaines passerait quasiment inaperçue.
Selon les propos du ministre, l’idée d’un nouveau livret d’épargne en faveur de l’industrie n’a pas été abandonnée et serait même en bonne voie. Ce serait alors un concurrent direct de l’assurance-vie.

Enfin, le problème d’une ponction sur l’assurance-vie réside principalement dans le fait que « cet argent appartient aux assurés » confie un assureur. « Le placer à des taux faibles n’augmentera pas la rémunération du produit, dans un secteur très concurrentiel. » ajoute-t-il. Sans parler des engagements de Solvabilité II et des exigences de fonds propres qui vont bientôt se faire jour. Avec la directive, les placements en action vont être limités. Pour certains, c’est à ce niveau qu’il faut travailler…