L’assurance française résiste bien, mais le contexte va rester défavorable

Le secteur de l’assurance en France résiste bien à un environnement difficile, mais devra encore faire face à de nombreux défis durant les deux années à venir, estime l’agence d’évaluation financière Standard and Poor’s (S&P) dans un document publié mercredi.

Pour l’agence, l’assurance française “a montré sa capacité de résistance dans un contexte d’activité et de marchés financiers défavorables”.

S&P souligne également que 70% des assureurs notés bénéficient d’une perspective stable, 30% seulement se trouvant sous perspective négative.

Mais se profilent plusieurs obstacles, tant en assurance dommage qu’en assurance-vie.

En assurance-vie, le possible changement de fiscalité est l’une des premières sources d’inquiétude pour S&P, même si la réforme fiscale, en cours d’examen au Parlement, a finalement épargné presque intégralement ce produit.

L’agence craint également l’effet de la baisse des rendements, la domination des contrats en euros (à capital garanti) qui présentent les plus faibles marges pour les assureurs ainsi que le nouveau cadre réglementaire dit Solvabilité II.

En assurance dommage, les analystes de Standard and Poor’s relèvent que l’obligation d’assurance du véhicule et du logement imposée en France garantit aux assureurs des revenus stables.

Ils prévoient également qu’après une vague de relèvements tarifaires en 2011, qui devrait entraîner une hausse de 3 à 4% du chiffre d’affaires, de nouvelles hausses pourraient intervenir en 2012 avec, à la clef, une progression des revenus comprise entre 2% et 3%.

Compte tenu de la hausse chronique du coût des réparations et de la dégradation des chiffres de la sécurité routière, S&P estime que la plupart des assureurs vont devoir en passer par des hausses de prix. Ils pourraient aussi devoir être plus sélectifs en matière de portefeuille ou accepter une croissance réduite.

Outre les résultats des activités techniques d’assurance, l’agence s’inquiète du portefeuille de placement des assureurs français, notamment leur exposition aux obligations des États fragiles de la zone euro comme la Grèce, le Portugal et l’Irlande.

Par ailleurs, les assureurs français restent, en moyenne plus investis en actions que leurs voisins européens, une autre source de risque, selon l’agence.

Paris, 29 juin 2011 (AFP)