La grippe H1N1 dans les médias européens

    Dans les médias européens (Royaume-Uni, Allemagne, Danemark, Italie), la grippe H1N1 est diversement traitée mais semble moins mise en avant qu’en France.

    – Au Royaume-Uni, pays pourtant le plus touché d’Europe avec 70 morts et des centaines de milliers de personnes contaminées, la couverture médiatique de l’épidémie de grippe porcine est restée étonnamment discrète, sauf au plus fort de l’épidémie en juillet. Peu de journaux lui ont consacré leur Une, sauf lorsque les décès se sont multipliés au début de l’été.

    Le gouvernement a lancé fin avril une campagne de prévention dans les médias et mis en place cet été un service de diagnostic à distance (téléphone et internet) visant à éviter d’encombrer les cabinets médicaux et hôpitaux du pays. Ce système controversé a été critiqué par plusieurs experts mais sans recevoir un grand écho médiatique.

    La rentrée scolaire sur fond de menace de grippe porcine a été aussi largement ignorée par les grands médias britanniques.

    En termes de communication officielle, le gouvernement tient chaque jeudi une conférence de presse sur la progression de l’épidémie, en fort ralentissement.

    – En Allemagne, la grippe H1N1 ne fait pas l’objet d’une grosse mobilisation médiatique. Le quotidien populaire Bild a néanmoins fait une “Une” sur la mort annoncée d’une victime de la grippe, qui aurait été la première dans le pays, mais cette dernière va mieux.

    Selon un récent sondage du magazine Spiegel, 38% des Allemands envisagent de se faire vacciner.

    – Au Danemark, les journaux ont fait rarement des Unes sur le sujet. Le gouvernement danois n’a pas lancé de grandes campagnes médiatiques. Il a toutefois placardé des affiches en danois et en anglais dans une série de lieux publics donnant des conseils de prévention.

    Plus de 500 personnes ont été atteintes du virus H1N1 dans ce pays. Un seul décès d’un Danois a été enregistré jusque-là en Norvège.

    – En Italie, on a assisté à un début de psychose limité à Naples quand a été annoncé en septembre le premier décès d’un homme de 51 ans. Très peu de gens sont venus à son enterrement et sa mère s’est plainte, par voie de presse, d’être traitée comme une paria. Mais le soufflet est retombé, surtout quand les médecins ont indiqué par la suite que la grippe n’était pas directement la cause de sa mort car il souffrait de nombreuses autres pathologies.

    D’une manière générale, le sujet est plutôt traité à la rubrique insolite dans les journaux qu’en Une. Par exemple il a été recommandé de ne pas embrasser le reliquaire contenant le sang de San Gennaro à Naples.

    Avec AFP