L’assureur italien Generali « repris en main » par Mediobanca, selon Bernheim

Le banquier Antoine Bernheim, qui doit quitter fin avril la présidence de l’assureur italien Generali, dénonce une « reprise en main » par la banque d’affaires Mediobanca, qui l’a mis à la porte par un « magistral coup de pied » dans un entretien au Figaro de vendredi.

« On assiste manifestement à une reprise en main de Generali par Mediobanca », premier actionnaire de l’assureur italien avec 14,7% du capital, et qui nomme 16 des 19 administrateurs siégeant au sein du conseil d’administration, déplore M. Bernheim. « Je pense que si on me met aujourd’hui à la porte de Generali, c’est parce que je défends une gestion orthodoxe, exclusivement au service des intérêts de la compagnie et de ses actionnaires, pas d’intérêts particuliers », fustige-t-il.

Le PDG de Mediobanca Cesare Geronzi devrait succéder à Antoine Bernheim fin avril à la présidence de l’assureur Generali et l’homme d’affaires français Vincent Bolloré, qui détient 5% de Mediobanca, devrait prendre la vice-présidence, avait annoncé fin mars Mediobanca. Formellement, ces nominations devront être entérinées le 24 avril à l’issue d’une assemblée générale des actionnaires.

Interrogé sur sa réponse au poste de président d’honneur qui lui aurait été proposé, M. Bernheim ne ferme aucune porte pour l’instant. « Vu ce que je représente dans l’histoire de Generali, je trouve que c’est une insulte. A la limite, je pourrais accepter un tel poste si j’étais administrateur », commence-t-il.

Mais « quand on a, comme moi, été mis à la porte d’un magistral coup de pied, on est plutôt tenté de riposter. Je le suis. J’ajoute que le 24 avril, les petits actionnaires de Generali, auront, eux aussi, leur mot à dire », avertit-il, sans plus de détails. Agé de 85 ans, Antoine Bernheim occupait depuis 2002 la présidence de Generali, ainsi que celle du conseil d’administration, après l’avoir déjà exercée de 1995 à 1999.

Paris, 8 avril 2010 (AFP)