L’assurance maladie lutte contre le mauvais usage des antibiotiques

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    Depuis 2002, l’Assurance Maladie agit pour faire baisser la consommation inappropriée d’antibiotiques. Parce que consommer des antibiotiques lorsque que cela n’est pas nécessaire leur fait peu à peu perdre de leur efficacité, l’Assurance Maladie relance sa campagne télévisée à partir du 18 novembre.

    Et pour renforcer son action auprès des enfants, après le personnel des crèches, l’Assurance Maladie a choisi de s’adresser cette année à une autre cible clef, les assistantes maternelles. Le dispositif est unique : un DVD pédagogique qui rappelle les bonnes pratiques pour faire face aux infections courantes des jeunes enfants, sans avoir le réflexe antibiotique. Des extraits du DVD avec les conseils des pédiatres en ligne sur www.antibiotiquespasautomatiques.com

    En effet, si des mauvais réflexes tombent, les efforts doivent se poursuivre ! 28% des patients continuent de prendre des antibiotiques pour des infections virales et ce chiffre passe à 35 %1 chez les enfants.

    Les enfants gros consommateurs d’antibiotiques

    Les enfants de moins de 6 ans sont très souvent malades. Ces infections, inconfortables pour les petits malades et parfois inquiétantes pour leurs parents doivent être dédramatisées ! Il est prouvé qu’elles sont nécessaires car elles leur permettent de fabriquer et de renforcer leur système immunitaire.

    Pourtant, elles sont encore trop souvent traitées par des antibiotiques, qui n’ont aucune efficacité mais qui renforcent les résistances bactériennes. En effet, en moyenne, 7 fois sur 10, les antibiotiques ne servent à rien car la majorité des infections de l’enfant est d’origine virale ! Or, les antibiotiques ne tuent que les bactéries !

    Les nounous, une cible clef

    Les nounous représentent le 2ème mode de garde en France. Grâce à leur expérience de la petite enfance, elles ont très souvent un rôle de conseil auprès des parents. Il était donc important de les sensibiliser sur le bon usage des antibiotiques et leur faire jouer leur rôle d’ambassadrices. Aussi, pour être aussi complet que pédagogique, l’Assurance Maladie a choisi de créer un outil interactif réalisé à partir d’échanges entre des pédiatres et des assistantes maternelles sur des cas concrets.

    Le DVD “infections ORL et bronchiques des jeunes enfants : comment faire face au mieux” permet de répondre à des questions simples comme par exemple “Quand la fièvre est élevée, les enfants sont-ils
    plus contagieux ? On entend parler de résistances aux antibiotiques, mais qu’est-ce que ça veut dire ?”

    4 maladies fréquentes sont abordées en détail : la rhinopharyngite, l’otite, l’angine et la bronchiolite. Pour chacune d’elle, le pédiatre précise sa nature, ses symptômes, sa durée, sa fréquence habituelle et
    les traitements adaptés. Autant de repères pour les assistantes maternelles qui de leur côté livrent leur expérience personnelle ou posent des questions sur la conduite à adopter dans un cas précis.

    Le DVD donne également quelques bons réflexes à adopter pour éviter la transmission des infections – lavage des mains, aération des pièces etc. Des gestes élémentaires qui eux aussi permettent de limiter le recours aux antibiotiques.

    Des antibiotiques, quand c’est necessaire

    Les petites maladies de nos chers bambins (infections ORL et respiratoires) sont pour la plupart d‘origine virale. Les antibiotiques permettent de guérir de nombreuses infections, mais pas toutes ! Ils n’agissent pas sur les virus. Par ailleurs, ils n’ont pas d’influence directe sur la fièvre et les autres symptômes causés par l’infection. Ils n’évitent pas non plus la contagion et n’enrayent pas
    les infections à répétition…

    Et pourtant… pour 63 % des parents, la répétition des infections chez l’enfant rend indispensable la prise d’antibiotiques1

    1 Baromètre des connaissances et attitudes à l’égard des antibiotiques – avril 2008 –
    Etude réalisée par BVA

    3 questions au docteur Robert Cohen, pédiatre infectiologue au CHU de cretei
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    Est-ce normal qu’un enfant tombe fréquemment malade ?

    Un enfant de moins de 6 ans a, en moyenne, 7 à 10 infections du nez, de la gorge et des oreilles chaque année notamment en période automnale et hivernale. Ces infections de la vie courante sont bénignes et aident l’enfant à construire son système immunitaire. Après 6 ans, l’enfant sera moins malade car ses défenses seront plus réactives. L’utilisation systématique d’antibiotiques pour traiter ces maladies, alors que cela n’est pas nécessaire, risque de développer chez les enfants des résistances bactériennes, entraînant par la suite une inefficacité des traitements antibiotiques.

    A partir de quel moment emmene-t-on un enfant souffrant chez le medecin ?

    Le plus souvent, les défenses naturelles de l’organisme éliminent naturellement les microbes bénins. Toutefois, certains signes doivent alerter les parents et les amener à consulter un médecin :
    – La fièvre dure plus de trois jours. Elle est supérieure à 39°C et s’accompagne de signes inquiétants (vomissement, diarrhée, mauvais teint, etc.). Ces signes doivent être pris très au sérieux s’il s’agit en plus d’un enfant de moins de 3 mois.
    – La toux est sifflante, dure plus de 10 jours et s’accentue au fur et à mesure
    – L’enfant a des difficultés à s’alimenter

    Quels sont les gestes simples a adopter au quotidien pour soulager un enfant malade et eviter la contagion ?

    Pour soulager l’enfant, il convient principalement d’améliorer son confort en étant à son écoute.

    Le top 10 des gestes simples à adopter :
    – Donner à boire à l’enfant de facon régulière
    – Ne pas trop chauffer les pièces : 18 à 20°C maximum
    – Humidifier la chambre de l’enfant via un bol d’eau sur le radiateur, par exemple
    – Ne pas trop le couvrir
    – Utiliser du sérum physiologique ou des dérivés d’eau de mer pour déboucher son nez et appliquer une crème apaisante lorsque son nez est irrité après lui avoir bien nettoyé les narines
    – Utiliser des mouchoirs en papier à usage unique
    – Laver les mains de l’enfant ainsi que les siennes de façon régulière
    – Aérer les pièces minimum deux fois par jour
    – Nettoyer fréquemment les jouets, les couverts, les tables à langer, le lit, etc.
    – Limiter le contact avec la peau et les muqueuses