Italie / Generali : La « nostalgie » d’Antoine Bernheim

Quelques heures après l’annonce de la nomination de Gabriele Galateri à la présidence de Generali, Antoine Bernheim semble regretter le temps où il dirigeait le lion de Trieste. Dans une interview donnée aux Échos, l’ancien président revient sur le climat de tension qui règne dans les hautes sphères de la compagnie italienne.

Contraint de démissionner après seulement une année à la tête de Generali, Cesare Geronzi a laissé vendredi sa place à Gabriele Galateri. Entre mécontentement de certains actionnaires et incompréhension autour de nombreuses décisions exécutives, un climat délétère règne actuellement dans les instances dirigeantes de la compagnie italienne. De quoi faire regretter à Antoine Bernheim le temps où il dirigeait le lion de Trieste.

« Je suis entré dans cette entreprise en 1970 et je l’ai présidée à deux reprises, pendant douze ans au total. C’est moi qui l’ai développée, notamment en Chine, en Inde, en Argentine et en Europe centrale », explique Antoine Bernheim au quotidien économique Les Échos. «  Après toutes ces années, on a préféré mettre Cesare Geronzi à ma place, or ce dernier sera resté moins d’un an. Moi, j’ai servi la compagnie pendant des décennies. Lui, il a donné l’impression d’utiliser Generali à d’autres fins que l’assurance », poursuit-il.

Un départ difficile

Débarqué par le conseil d’administration de Generali l’année dernière en raison de son âge, Antoine Bernheim connait bien « la boutique ». Président de l’assureur à deux reprises (1995-1999 et 2002-2010), il occupe désormais le poste de président honoraire du groupe, même s’il affirme n’avoir plus aucune fonction chez Generali. L’homme s’indigne par la même occasion des conditions de sa sortie. « En vérité, on en avait assez de voir ma figure. Et quand je suis parti, on ne m’a donné aucune indemnité de départ, alors que j’exécutais des fonctions opérationnelles », poursuit-il. « J’ai eu l’impression d’avoir été traité comme un criminel de droit commun qui aurait piqué dans la caisse » , précise-t-il plus loin au quotidien.

Une ambiance pesante

Aujourd’hui Antoine Bernheim n’assiste plus aux assemblées générales. Il affirme que « l’ambiance commençait à être lourde ». L’ex-dirigeant déplore aussi le départ récent de certains administrateurs comme Leonardo Del Vecchio ou Ana Botin et explique comment ses rapports avec Vincent Bolloré ses sont détériorées avec le temps. « Nous avons été très proches dans le passé. Malheureusement, je crains que nos relations n’existent plus à l’avenir », déclare-t-il. Vincent Bolloré, actuel vice-président de Generali et actionnaire du groupe est lui aussi au centre de la tourmente italienne pour avoir critiqué la stratégie de Generali en Europe.

Pour finir, Antoine Bernheim précise qu’il a beaucoup de sympathie pour le dernier président sortant, en concluant, pour Gabriele Galateri, que « la tâche qui l’attend est très difficile et j’espère qu’il pourra mener à bien sa mission, sans problème majeur. »

Voir l’entretien complet dans Les Echos