Interview : “Nous ne sommes pas tributaires d’actionnaires externes” (Verspieren)

    Grâce à ses acquisitions et sa croissance interne, l’activité du courtier nordiste Verspieren a bondi de 13% en 2012. François Leduc, directeur général adjoint de Verspieren, en charge de l’activité Entreprises IARD, répond à News Assurances Pro.

    Maxence Verspieren, représentant de la 5ème génération du courtier, devient le nouveau directeur général du directoire. Cela signifie t-il un changement ?

    C’est un changement dans la continuité. Les âges avancent, Maxence passe de directeur financier à directeur général. Mais la stratégie du groupe reste la même.

    En 2012, le groupe a affiché une croissance d’environ 13% du chiffre d’affaires à 290M d’euros. Le climat des affaires n’est pourtant pas très bon ?  

    Nous avons profité à plein des acquisitions déjà réalisées (Branchet, spécialisé en risque médical et Collecteam en protection sociale complémentaire, ndlr)… Mais aussi de la croissance organique. A périmètre constant, la croissance du chiffre d’affaires est de 4,5% en 2012.

    En temps de croissance molle, ce n’est pas mal car la matière assurable stagne voire diminue. Les  affaires sont aussi plus compliquées, les entreprises étant largement sollicitées. Il faut qu’on s’habitue à vivre au moins deux ans dans un climat d’incertitude, d’investissement bloqué.

    Quel est votre positionnement stratégique?

    Nous sommes très présents sur les ETI de 50M à 1,5Md d’euros de chiffre d’affaires. Nous misons sur les clients qui ont une activité mondiale, qui peuvent capter de la croissance dans les pays émergents. Nous sommes également présents sur les grands comptes. Sur les 100 plus grosses entreprises françaises, 19 d’entre elles ont 1 ou 2 lignes chez nous.

    Nous essayons d’apporter le plus de conseils et de services. Nous sommes nous même une ETI et connaissons bien leurs besoins. Outre la dimension de conseil, d’expertise sectorielle et d’ingénierie sur le montage d’assurances, les entreprises attendent de la fiabilité et de la durabilité dans les relations. La valeur (des équipes, des outils…) refait surface par rapport à l’aspect coût.

    En tant qu’entreprise 100% familiale – c’est un de nos traits de différenciation – il y a une durabilité de l’actionnariat qui est appréciée, nous ne sommes pas tributaires d’actionnaires externes. En outre, nous cherchons toujours à préserver l’équilibre dans le maillage du territoire entre Paris et la province.

    Votre activité est-elle affectée par les changements réglementaires ?

    A propos de l’ANI, nous nous sommes réjouis que le Conseil constitutionnel permette enfin de laisser la place à tous les acteurs du marché, après des mois de bataille. Mais il reste encore des points d’interrogations.

    Nous sommes préoccupés par la loi Hamon. Nous nous interrogeons sur la façon dont nous allons pouvoir trouver des solutions de gestion pas trop coûteuses. 37% de notre chiffre d’affaires est réalisé sur les particuliers. Les prix risquent d’augmenter et certains acteurs risquent d’abandonner cette clientèle.