Industries agro-alimentaires : Quelles sont les principales problématiques identifiées par les dirigeants ?

La semaine dernière, sur le site du Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte, se déroulait le plus grand salon du monde dédié au secteur de l’agro-alimentaire, le SIAL-Paris. Un terrain de jeu idéal pour qui veut en savoir plus sur les préoccupations des dirigeants de ce secteur.

Gras Savoye avait élu domicile sur le stand de l’ANIA et j’étais aux premières loges pour rencontrer les acteurs de l’alimentaire de demain.

Le SIAL-Paris, c’est d’abord un gigantesque bouillonnement d’initiatives toutes aussi innovantes les unes que les autres : 7.000 exposants, 104 pays représentés, plus de 2.000 innovations candidates aux différents prix…

Si les nouveautés intéressent les médias et le grand public, j’arpentais pour ma part les différents stands à la recherche de la vision des dirigeants sur leurs principaux risques.

Que craignent-ils ?

Les industriels sont en permanence connectés aux marchés internationaux

Sans surprise, ils sont très nombreux à m’avoir cité le risque sanitaire en premier. C’est encore plus vrai lorsque vous êtes contraint d’innover fortement pour développer votre Chiffre d’Affaires, comme en France, où le secteur des PGC (Produits de Grande Consommation) connait des performances modestes. Le risque sanitaire a un impact immédiat sur l’image de marque de l’entreprise. Même si les dernières actualités en matière de réputation concernent d’autres secteurs (téléphonie mobile, automobile, …), tous les dirigeants que j’ai croisés ont en tête les retombées catastrophiques pour la filière des cas de contamination sur la viande ou les surgelés.

J’ai été frappé de voir au SIAL-Paris combien les industriels étaient en permanence connectés aux marchés internationaux. Alors en toute logique, les risques liés à l’export reviennent souvent dans les échanges : « Vous exportez un produit en espérant qu’il va rencontrer son marché et vous essayez de limiter au maximum la casse en ayant pris soin de faire des études de marché en amont. Mais c’est plus compliqué d’appréhender le risque de « class actions » ou de défaillance client par exemple. On attend beaucoup de nos conseils en gestion des risques », me confiant un industriel du lait.

Nombreux aussi sont ceux qui sont préoccupés par la sécurité et la santé de leurs collaborateurs. Sur ce terrain, il faut reconnaître que les notions de pénibilité et de Faute Inexcusable de l’employeur y sont pour beaucoup. Mais il n’est pas nécessaire d’aller chercher très loin pour trouver le premier risque d’accident du travail : comme pour tous les autres secteurs, c’est le risque routier qui est le plus pregnant. Au-delà des contraintes réglementaires, les industriels ont toujours la même problématique : améliorer les conditions de travail dans leur entreprise pour protéger et fidéliser leurs salariés et booster leur image.

Les dirigeants se préoccupent de la sécurité et la santé de leurs collaborateurs

Qu’attendent-ils du marché de l’assurance ?

Un chef d’entreprise dont l’usine a récemment brulé me confiait que la réactivité de son courtier et la bienveillance de la compagnie avaient été déterminantes pour préserver son activité. « Le courtier est notre avocat dans cette situation. C’est lui qui a usé de son pouvoir de négociation pour enclencher les opérations de déblaiement express, la reconstruction, qui nous ont permis de ne pas louper la prochaine saison. Cela a été possible parce qu’il connait parfaitement notre métier et nos contraintes. ». Au Sial-Paris, on rencontre aussi des industriels reconnaissants !

Qu’attendent-ils de leur fédération ?

Le bon sens et la solidarité l’emportent souvent dans cette industrie, les chefs d’entreprises peuvent s’en féliciter. Alors, disent certains de mes interlocuteurs, pourquoi chercher une solution tout seul sur un risque que toute la profession rencontre ? C’est là – selon eux – que la fédération doit jouer son rôle et avoir des approches groupées pour traiter des risques. Prenons l’exemple des conséquences pour les industriels de la récente crise aviaire : si on mutualisait les risques dans toute la profession, n’aurions-nous pas des meilleures couvertures ?

2016 n’est pas encore terminée et le marché de l’assurance aura été bien sollicité par les industriels du secteur. Gageons que 2017 permettra à Gras Savoye Expertise Agro d’accompagner les industriels du secteur sur des solutions innovantes.

Source link