Grippe A : Prévoir la continuité d’activité est “vital” pour les entreprises

    Le directeur général du Travail, Jean-Denis Combrexelle, a incité vendredi les entreprises à établir chacune, en vue d’une possible pandémie de grippe H1N1, un plan de continuité d’activité (PCA) qu’il juge “vital” pour elles, en associant le personnel et en menant des tests.

    La grippe H1N1 n’est “pas seulement une question sanitaire” de vaccins et de masques, et les entreprises doivent “établir au plus vite ces plans de continuité en associant les salariés et les instances représentatives du personnel”, a déclaré M. Combrexelle lors d’une conférence de presse, à l’issue d’un colloque sur la préparation des PCA.

    Ces plans, qui organisent le fonctionnement des entreprises en prévoyant en général des taux d’absentéisme de 25 à 40%, ne sont pas obligatoires. “En aucun cas”, les PCA ne “doivent être élaborés dans le secret d’un bureau d’un responsable des ressources humaines”, a ajouté le directeur-général du travail, qui pilote la politique du travail en France.

    Les grandes entreprises ont en général mis en place leur PCA mais ils ont “souvent été élaborés de façon unilatérale”, d’où la nécessité selon lui de les tester par des simulations et les évaluer.

    Dans les PME, qui sont moins préparées, “le PCA ne doit pas être une usine à gaz sur papier glacé”, il faut “du pragmatisme”, a-t-il ajouté. “Il n’est jamais trop tard pour identifier les services clés de l’entreprise et prévoir de les assurer”, a ajouté Jean-Baptiste Obeniche, directeur général de l’Anact (agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail). Et même si ces PCA n’ont finalement pas besoin d’être appliqués à l’avenir, ils “apprennent beaucoup à l’entreprise”. “Elles vont gagner en performance dans les mois à venir”, a-t-il pronostiqué.

    Henri Poinsignon, de l’Afsset (agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) a souligné les “risques psycho-sociaux associés” (stress..) à la poursuite de l’activité des entreprises. “La polyvalence ne va pas de soi, les formations seront forcément brèves”, a-t-il dit. Le “débordement” des salariés poursuivant leur travail risque aussi d’engendrer du stress.

    Les salariés “en relation directe avec le public” comme les caissières ou les agents des transports publics seront particulièrement exposés à ces risques, d’après M. Combrexelle.