Grève de la faim / Generali : Un des grévistes refuse l’hospitalisation

Un des 14 ex-salariés de Generali, actuellement en grève de la faim depuis 48 jours pour obtenir des indemnités supplémentaires après un licenciement en 2007, refuse d’être hospitalisé, a-t-on appris mardi auprès de leur porte-parole, Vincent Prudor.

Ces 14 personnes ont entamé au cours des dernières semaines, à des dates différentes, une grève de la faim après avoir été déboutées par le tribunal des prud’hommes de Paris de leurs demandes. Ils estiment que l’audience d’appel, programmée en 2012, est bien trop lointaine et veulent négocier directement avec Generali.

« Éric Pilot, qui en est à son 48e jour de grève, ne peut plus tenir debout et après plusieurs malaises, connaît des problèmes respiratoires sérieux », écrit Vincent Prudor dans un communiqué. « Son médecin a ordonné son hospitalisation vendredi 25 mars » mais « malgré cette demande et contre l’avis de ses proches, Éric Pilot a catégoriquement refusé de se rendre à l’hôpital, déchargeant son médecin de toute responsabilité », poursuit M. Prudor, qui fait partie des 14 grévistes.

« Trois autres grévistes, après plus de 35 jours de privation, connaissent des alertes physiques », note également Vincent Prudor. En 2007, Generali avait licencié 222 personnes dans le cadre d’un plan social, suite au refus d’une partie de ses conseillers commerciaux de voir modifié leur mode de rémunération.

Un groupe de 86 personnes a ensuite entamé une démarche judiciaire pour réclamer des compensations financières à la suite de leur licenciement. Germain Ferec, directeur des ressources humaines de Generali, s’est inscrit en faux mardi contre les accusations de « mépris » et de « refus du dialogue » lancés par Éric Pilot, et plus généralement par les grévistes.

« Le dialogue social est un souci constant de l’entreprise, les 170 accords collectifs signés depuis 2003 en témoignent », a-t-il déclaré à l’AFP. « Le changement de mode de rémunération et le plan social ont également fait l’objet d’accords à l’époque », a-t-il souligné. M. Ferec a également rappelé que Generali avait mandaté à la mi-mars un cabinet spécialisé pour effectuer un bilan professionnel avec des ex-collaborateurs de l’assureur. « Nous sommes prêts à étudier la situation de chacun des salariés concernés par le plan social de l’époque » et à étudier des solutions de réinsertion, pouvant même aller jusqu’à « un retour dans l’entreprise », a-t-il affirmé.

Le directeur des ressources humaines de l’assureur a regretté « le comportement extrême de Monsieur Pilot, qui avait déjà fait une grève de la faim en 2007 et que nous avions alors exceptionnellement décidé d’indemniser » en complément du plan social. « Nous n’avons plus de litige aujourd’hui avec lui, il fait grève par solidarité avec ses anciens collègues », a expliqué M. Ferec.
« La situation est difficile, mais il faut que la raison l’emporte », a-t-il souhaité.

Paris, 29 mars 2011 (AFP)