Grands risques : De quoi les assureurs devront-ils avoir peur selon Swiss Re ?

Le reflux de la globalisation, les expérimentations monétaires, les super-catastrophes naturelles et les défis liés à l’Internet font partie des quatre plus grands risques auxquels pourraient être confrontés les assureurs à l’avenir, selon une étude du réassureur helvétique Swiss Re publiée mercredi.

Quelque 21 nouveaux risques potentiels ont été identifiés dans cette étude intitulée Sonar, qui s’est efforcée de répertorier les nouveaux défis que pourraient devoir relever les assureurs afin que ceux-ci puissent mieux s’y préparer.

Ces nouveaux risques potentiels englobent entre autres l’effet de “boomerang” sur les antibiotiques face à la résistance des bactéries, la détérioration des infrastructures, la sécheresse au Brésil ou encore les défis liés à la transition énergétique, a indiqué le groupe suisse dans un communiqué.

Quatre principaux risques sont cependant ressortis, en commençant par ce que les auteurs de l’étude ont appelé le risque de “Dé-globalisation”. Les conflits politiques se sont intensifiés ces dernières années en Europe de l’Est, au Moyen Orient ou dans l’Est de l’Asie, conduisant notamment à des sanctions qui ont interrompu les flux de capitaux, de biens et de personnes, ont-ils pointé en prenant en exemple les sanctions à l’encontre de la Russie.

Dans le même temps, la crise économique a favorisé l’émergence des partis populistes, ce qui pourrait potentiellement accroître la menace de mesures protectionnistes.

Le consensus qui avait émergé après la Guerre Froide est en train de “s’effilocher”, ont-ils argumenté, expliquant que ces brèches dans la globalisation pourraient avoir un impact négatif sur l’environnement économique et financier et rendre plus difficile la gestion des actifs investis par les assureurs.

Le second risque est identifié comme “la grande expérimentation monétaire” alors que les mesures traditionnelles ont atteint leurs limites, les taux d’intérêt ayant atteint la borne du niveau zéro dans de nombreux marchés. “Les conséquences de telles politiques sont hautement incertaines”, ont-ils mis en garde.

Sur le court à moyen terme, elles pourraient favoriser la formation de bulles sur certaines classes d’actifs, induire des distorsions sur les retours sur investissement et accroître les inégalités économiques mais aussi, à plus long terme, avoir des répercussions inattendues.

Le troisième grand risque se situe au niveau des catastrophes naturelles. Selon les auteurs de l’étude, les éruptions volcaniques et les phénomènes de “rivières atmosphériques” sont actuellement sous-évalués. Les rivières atmosphériques correspondent à des corridors de vapeurs dans l’atmosphère, susceptibles de déclencher de vastes inondations qui ensuite de coûteux dommages sur les habitations.

Le quatrième défi majeur vient de l’Internet avec la multiplication des objets connectés. Selon certaines projections, une famille de quatre personnes pourraient posséder quelques 100 objets connectés d’ici 2025. Cette multiplication des objets connectés va servir de base à la révolution du “big data”, c’est-à-dire à l’accumulation de quantités massives de données en ligne, mais également soulever des questions quant à la sécurité des données et de risques liés aux cyber-attaques.

“Cette étude vise à fournir une indication précoce de ce qui pourrait se cacher derrière l’horizon”, a expliqué Patrick Raaflaub, directeur des risques chez Swiss Re, cité dans le communiqué. Si certains des risques identifiés auront peut-être un impact moins fort qu’envisagé, une partie de ceux-ci se matérialiseront certainement, a-t-il pointé.

“Plus tôt nous commençons à nous adapter à ces changements, mieux nous serons préparés”, a-t-il jugé.