Grands risques : « On constate un tassement des tarifs » selon Paolo Crestani, Gras Savoye

Paolo Crestani, directeur du département Risques et Solutions à la Direction des Grandes Entreprises de Gras Savoye, revient sur les évolutions tarifaires possibles pour les grands risques.

Comment se porte le marché français des grands risques ?

C’est un paradoxe. Malgré les catastrophes naturelles, le marché français en dommages n’est pas aujourd’hui dans une phase d’augmentation des tarifs. Si certains diraient qu’il est devenu difficile d’obtenir des conditions tarifaires à la baisse, on constate un tassement, voire dans certains cas une possibilité d’obtenir des tarifs en baisse.

Est-ce vrai pour tout le marché ?

C’est complètement différent dans la branche responsabilité civile. Par exemple en matière d’environnement, on a un durcissement régulier de la législation qui, même s’il est répercuté par les assureurs relativement facilement, n’entraîne pas un enchérissement du prix de cette branche. Là encore, nous sommes dans une phase d’amélioration du nombre d’acteurs et donc de la concurrence.

Quelles sont les branches les plus difficiles ?

Certaines branches sont malades, comme par exemple l’automobile, qui est dans cette situation depuis à peu près deux ans. La branche transport opère également un redressement tarifaire même si certains assureurs essaient encore de gratter des parts de marché. C’est le cas également de la RC des mandataires sociaux, à cause des incertitudes sur les marchés financiers, même si des assureurs reviennent sur cette branche.

D’autres risques sont-ils également dans cette situation ?

La fraude est une branche qui accompagne son développement avec une sinistralité qui s’est brutalement accélérée depuis deux ans. C’est un cas particulier, puisque les entreprises n’aiment pas faire de publicité sur les fraudes qu’elles subissent car il s’agit principalement de malveillance interne. Aujourd’hui, les assureurs ne font plus d’investissement sur cette branche. Certains ont même décidé, particulièrement pour les institutions financières, de cesser la souscription.