Gilles Benoist, Directeur général de CNP Assurances commente les résultats annuels 2008

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    EuroBusiness Media (EBM) : CNP Assurances, premier assureur de personnes en France, publie ses résultats pour l’exercice 2008. Gilles Benoist, bonjour. Vous êtes Directeur général de CNP Assurances. A l’occasion de la publication de ces résultats annuels, quels sont pour vous les faits marquants ?

    Gilles Benoist (GB) : Je crois que le fait marquant, le point dominant, c’est la crise. Je pense que dans cette crise, je peux être, disons, raisonnablement optimiste. Pourquoi ? Eh bien parce que, quand on regarde les chiffres, nous avons d’abord une collecte sur le marché français qui approche les 30 milliards d’euros, dans un marché qui pourtant a été en baisse sensible. Nous avons gagné, d’ailleurs, des parts de marché.

    Plus important encore, et plus significatif, nous avons représenté l’année dernière le quart de la collecte nette du marché français, ce qui est quand même assez impressionnant. Et de ce fait, nos encours continuent de croître : plus de 5% de croissance et c’est, comme vous le savez, le moteur fondamental de croissance de nos résultats. De ce fait, notre résultat net courant avant plus-values, sur lequel nous avons donné un objectif – notre « guidance », pour utiliser l’expression consacrée – et bien cet objectif nous l’avons atteint justement grâce à la croissance des encours. Alors certes personne n’est épargné par la crise. La baisse des marchés a impacté nos portefeuilles ce qui explique la baisse de 40% de notre résultat net. Mais notre résultat net est encore d’un peu plus de 730 millions d’euros. Donc je crois que tout cela démontre que la robustesse du modèle de CNP Assurances, qui avait déjà fait se preuves en 2002, continue d’être là, et bel et bien là.

    EBM : Compte tenu de la conjoncture particulièrement difficile en 2008, les résultats publiés aujourd’hui semblent indiquer que CNP Assurances a mieux résisté que certains de ses concurrents. Est-ce qu’il existe une spécificité de CNP Assurances qui pourrait expliquer cette situation ?

    GB : Je crois qu’il faut se souvenir de quelques-unes de nos grandes caractéristiques. D’abord, nous ne sommes jamais sortis de notre métier. Nous voulons, partout, rester dans ce qui est notre domaine d’expertise. Deuxième élément, notre modèle d’affaires en fait comporte des réseaux, plusieurs réseaux, par exemple deux en France, et je rappelle que ces réseaux constituent pour nous des coûts variables de distribution. Troisième élément fondamental, nous conservons une politique de gestion actif / passif extrêmement prudente et extrêmement je dirais sophistiquée. Et je crois que par les temps qui courent c’est un élément tout à fait fondamental. Quatrièmement, nous sommes conscients qu’il faut maîtriser les coûts, et nous l’avons prouvé de deux manières. D’une part, en plein accord avec nos réseaux en réduisant de manière, je vais dire, courageuse, les taux de participation donnés à nos clients, et par ailleurs en maîtrisant nos propres coûts d’exploitation, qui pourtant sont aussi qualifiés des plus performants d’Europe. Et donc c’est l’ensemble de ce dispositif qui, je crois, nous permet de mieux résister que d’autres.

    EBM : On note chez les épargnants et chez les investisseurs une nette tendance à privilégier la sécurité, aujourd’hui. Dans l’ensemble, est-ce que c’est un risque, ou plutôt une opportunité pour CNP ?

    GB : Je pense que c’est plutôt une opportunité pour la CNP. Je pense qu’aujourd’hui les clients se demandent, non seulement si le taux servi par leur assureur est correct, mais si leur assureur sera là encore, dans 15 ans ou dans 20 ans. Et de ce point de vue-là la solidité de CNP Assurances, son ancrage dans le secteur public, la qualité de son actionnariat, sont des éléments qui incontestablement peuvent jouer, même s’il faut être prudent pour bien discerner tous les vrais motifs des clients.

    Deuxième élément, notre spécialisation constante dans notre métier fait que nous pouvons adapter nos produits aux circonstances économiques. Ainsi nous avons complètement changé par exemple le « mix » produit en Italie pour que nos clients soient rassurés, et ils sont rassurés aujourd’hui, soyons honnêtes, par des produits en euros. C’est ce que nous vendons aujourd’hui en Italie, et sur ces produits en euros – du fait notamment de la baisse du livret A et de la concurrence beaucoup moins violente cette année des produits court terme – ces produits en euros deviennent un bon rapport qualité / prix pour une épargne à la fois intéressante et sans risque.

    EBM : Enfin, pour conclure, quel est votre plan d’action pour 2009 ?

    GB : Malgré les temps difficiles nous voulons conforter encore notre position de leader en France, même si nous avons déjà gagné des parts de marché l’année dernière. Nous voulons bien sûr continuer une gestion financière extrêmement rigoureuse et stricte, sans risque. Nous voulons accroître nos encours parce que nous savons que c’est le moteur de notre développement et, si possible, on ne sait jamais, saisir quelques opportunités que la crise aurait créées.

    EBM : Gilles Benoist, Directeur général de CNP Assurances, je vous remercie.

    GB : Merci.

    Source : www.eurobusinessmedia.net