Expositions : Les assureurs sous pression à l’approche de la Biennale et Salon des Antiquaires

Les assureurs spécialisés dans les oeuvres d’art, modernes ou anciennes, et les bijoux, traversent une période de stress à Paris, où se déroulent trois manifestations prestigieuses: la Biennale des Antiquaires, le Salon Prestige des Antiquaires, et bientôt la FIAC.

Ces assureurs, qui sont sur le qui-vive, ont conclu des contrats pour assurer des oeuvres exceptionnelles valant quelquefois plusieurs millions d’euros, soit un enjeu énorme pour elles. “On est dans un autre monde, nous assurons des tables d’apparat qui valent 2 à 3 millions d’euros”, a indiqué à l’AFP Charles-Henri Pavie, spécialiste des assurances des expositions, travaillant pour la compagnie Hiscox-France.

Proposées aux riches collectionneurs venus du monde entier, ces oeuvres attisent aussi la convoitise de voleurs à l’habilité redoutable, comme ce qui s’est passé en mars dernier à Maastricht (Pays-Bas).

Lors de la TEFAF, la plus prestigieuse foire d’arts et d’antiquités au monde, un exposant londonien a été victime d’un vol. Des inconnus lui ont dérobé une bague en saphir et un collier en diamants d’une valeur de 860.000 euros, en dépit d’un impressionnant service de sécurité. En 2008, un collier d’une valeur de 1,2 million d’euros y avait également été volé.

Lors de la Biennale des Antiquaires de 2004 à Paris, des individus -jamais retrouvés- ont réussi à dérober en “deux secondes” deux gros diamants, de 40,15 carats et de 15,74 carats, exposés par le joaillier suisse Chopard. Ces pierres avaient une valeur de 11,5 millions d’euros et n’ont pas été retrouvées.

A Paris, mardi soir, des centaines de personnes se pressaient dans les allées du Grand Palais, lors du vernissage de la Biennale, pour être parmi les premiers à acheter une oeuvre ou un bijou dignes des plus grands musées.

Devant chaque stand, d’imposants gardes du corps protégeaient les oeuvres exposées et filtraient les entrées, provoquant des files d’attente d’élégantes en robe soir devant les exposants les plus prestigieux comme Chanel ou Louis Vuitton Joaillerie, attendant sagement leur tour pour admirer ou acheter les bijoux exposés. Chopard n’est pas présent cette année. “Nous imposons des conditions strictes de sécurité et de caméras de surveillance”, a poursuivi M. Pavie.

De son côté, Amélie Conté, d’Axa-Arts, filiale d’Axa spécialisée dans les objets d’arts, indique que la sécurité est en principe du ressort de l’organisateur de la manifestation, en l’occurrence le Syndicat des Antiquaires, pour la Biennale de Paris. Interrogé, ce Syndicat a préféré rester discret sur ce sujet.

A la Biennale de Paris, ce sont les exposants qui sont chargés eux-mêmes d’assurer leurs biens, et passent par un courtier. Selon Amélie Conté, Axa-Arts assure plus du tiers des exposants. “Nous les assurons à l’année sur leurs stocks, et nous faisons un avenant spécial pour les foires”, a-t-elle ajouté.

En ce qui concerne les organisateurs, les compagnies exigent des audits de sécurité très poussés pour les lieux d’exposition, avec les moyens de protection mis en oeuvre, tant humains qu’électroniques, ce qui explique les armadas de gardes de sécurité dans les allées de l’exposition. “Lorsqu’un stand présente des oeuvres particulièrement chères, on peut demander en outre une protection spéciale, comme sa présentation sous un verre de protection”, a encore indiqué Mme Conté. C’est ce qui a été fait l’an dernier pour certaines oeuvres présentées à la FIAC (Foire internationale d’art contemporain) de Paris.

Le marché de l’assurance d’objets d’arts n’est pas négligeable ou marginal pour les quelques compagnies d’assurances spécialisées dans ce domaine.

Selon Robert Read, en charge de la division “art et clients privés” de l’assureur Hiscox-Royaume-Uni, ce marché pèse environ 600 millions de dollars de primes par an, collections privées inclues.

Paris, 17 sept 2010 (AFP)