Evolution des frais de santé attendue en 2020 et 2021

Notre enquête Global Medical Trends 2021 met en lumière un rebond général significatif dans l’évolution attendue des frais de santé pour 2021.

La dernière enquête mondiale de Willis Towers Watson sur l’évolution attendue des frais de santé pour 2020 et 2021 est marquée par les effets de la pandémie COVID-19.. Si on s’attend à un ralentissement des frais de santé en 2020 en raison notamment des reports de soins/chirurgies non urgents observés de mars à août, l’année 2021 devrait voir les frais de santé repartir à la hausse, à un rythme plus élevé que celui de 2019. Cette accélération s’explique par l’effet des reports et la prise en charge des traitements médicaux liés au COVID-19. L ’évolution des coûts en 2021 demeure très incertaine, dépendant beaucoup de la disponibilité ou non d’un vaccin début 2021 et de sa prise en charge.

Cette accélération s’explique par l’effet des reports et la prise en charge des traitements médicaux liés au COVID-19.

Ainsi au global, selon notre enquête, la hausse des frais de santé attendue est de 5.9% en 2020 puis 8.1% en 2021, au-delà du taux de 7.2% de 2019. (Note : les taux d’évolution communiqués dans cet article prennent en compte l’inflation générale des prix)

287 assureurs interrogés dans 76 pays ont participé à notre enquête. D’un continent à un autre, d’un pays à un autre, les situations peuvent être contrastées. Nous commentons ci-après les taux d’évolution attendus dans quelques pays.

L’Amérique du Nord et l’Amérique Latine sont les deux régions où le ralentissement de l’inflation des frais de santé a été le plus fort.

En Amérique du Nord, l’évolution des frais de santé a baissé de 5.5% en 2019 à 2.8% en 2020. L’augmentation des prestations attendue en 2021 devrait porter le taux d’évolution à 7.1%. Au Canada, la pandémie a considérablement diminué l’accès à certains services paramédicaux aboutissant à une tendance projetée des coûts médicaux de 0.1% en 2020 (contre 4.2% en 2019). En 2021, on s’attend à une forte reprise des dépenses de santé avec une hausse de 7%. Aux Etats-Unis la diminution des coûts observée sur le premier semestre 2020 devrait être compensée par les reports de soins et le coût des traitements médicaux liés au COVID-19 sur le second semestre. Ces deux effets devraient continuer de marquer l’année 2021. Ainsi sur la période 2019-2021, le taux annuel d’inflation médicale attendu demeure assez stable à 7.3%.

L’Amérique latine se démarque par les taux de progression des frais de santé les plus élevés attendus en 2020 et 2021, de respectivement 9% et 13.6% (même en excluant le Venezuela dans un contexte d’hyperinflation).

Au Brésil, l’inflation médicale devrait s’établir à 9.4% en 2020 et 11.5% en 2021 (très proche du niveau de 2019). Avec la pandémie, il y a eu une baisse significative du recours aux soins médicaux. Les assureurs ont été tenus par l’Agence nationale de la santé (ANS) de couvrir les coûts liés au COVID-19 et d’appliquer un gel à tout ajustement de primes d’ici fin 2020. A partir de 2021, même si l’on s’attend au retour d’une inflation à deux chiffres, l’évolution des dépenses de santé devrait être impactée par plusieurs facteurs : la récession économique, la révision des couvertures minimales obligatoires par l’ANS et la mise en place de façon permanente de la télémédecine qui devrait améliorer l’utilisation des soins et la gestion des coûts.

En Argentine, l’évolution attendue des dépenses de santé devrait se ralentir en 2020 (47.2% contre 57% en 2019) pour rebondir en 2021 (60.5%). Cette tendance est liée à une moindre fréquence de soins du fait du COVID-19 et des augmentations de salaires plus faibles dans le domaine de la santé en 2020 dans un contexte économique difficile.

Dans les régions Europe et APAC, au global le ralentissement des taux d’évolution des frais de santé est de l’ordre de 100 points de base entre 2019 et 2020, avec un rebond attendu en 2021 jusqu’à 200 points de base en APAC.

En Europe l’inflation médicale attendue est de 4.2% en 2020 puis 5.8% en 2021 (au niveau de 2019).

La France est l’un des pays où la hausse des dépenses médicales s’est le plus rétracté avec une évolution attendue en 2020 de 1% contre 4.2% en 2019. La hausse des taux d’utilisation en fin d’année ne devrait pas compenser la baisse significative de la consommation médicale pendant le confinement. Pour 2021, le taux d’évolution des dépenses de santé est attendu à 2.3% porté par les reports de soins, le dispositif de la portabilité (l’augmentation des plans sociaux devrait entrainer une augmentation du coût de ce dispositif payé par les salariés actifs qui permet aux salariés licenciés de bénéficier d’un maintien de couverture pendant 12 mois), la poursuite du déploiement du 100% santé aux aides auditives et le report sur les primes d’assurance de tout ou partie de la taxe COVID-19 due par les assureurs.

Au Royaume Uni, la tendance médicale 2020 est de 6,3% contre 5,7% en 2019, et devrait rester à ce niveau en 2021. Cette tendance à la hausse entre 2019 et 2020 malgré le COVID-19 tient à une population assurée et une population salariée vieillissantes ainsi qu’à une demande accrue de soins de santé privés en raison des difficultés d’accès au service de santé national (NHS). A cela s’ajoutent l’impact des traitements coûteux (comme les thérapies médicamenteuses contre le cancer de nouvelle génération) et une plus grande disponibilité de traitements médicaux plus complexes. L’impact du COVID-19 sur l’offre de soins et la demande en 2020 ainsi que l’ampleur du rattrapage prévu en 2021 restent flous. Il est possible que le report continu des traitements non urgents et les listes d’attente croissantes pour bénéficier des soins dans le NHS, entraîne une utilisation accrue des prestataires et régimes de santé privés.

En APAC, un ralentissement des dépenses de santé est attendu pour 2020 (taux d’augmentation attendu de 6.2% contre 7.5% en 2019), puis un rebond en 2021 avec un d’accroissement de 8.5%.

En Chine, le taux d’évolution attendu des dépenses de santé est assez stable entre 2019 (8.7%), 2020 (9.1%) et 2021 (9.3%). La pandémie a moins marqué les dépenses médicales dans ce pays. Les coûts des traitements médicaux continuent d’augmenter, particulièrement ceux en dehors du champs de la Sécurité sociale. Le gouvernement chinois a annoncé en septembre 2020 son intention de supprimer le compte individuel de santé et de couvrir les dépenses ambulatoires par la Sécurité sociale. Même si la mise en place de ces mesures va prendre du temps, elles devraient avoir un impact sur l’évolution des dépenses de santé.

L’Inde fait partie des pays où l’inflation médicale attendue en 2020 a augmenté plus vite qu’en 2019 (12% contre 7.8%) et devrait ralentir en 2021 (10%). Après une baisse des dépenses médicales d’avril à juillet, l’Inde connait actuellement une faible fréquence des dépenses mais un coût moyen croissant. Les protocoles de traitement et de tarification des soins médicaux ne sont pas réglementés en Inde, et les pratiques de facturation des hôpitaux restent un enjeu. Le gouvernement a cependant pris quelques mesures pour publier des directives sur la tarification des tests COVID-19 et traitements.

L’année 2021 devrait être marquée par à un retour à une fréquence « normale » des soins/actes médicaux, mais aussi par une sensibilisation accrue dans les domaines de la prévention et du bien-être et une tendance en faveur des soins à domicile plutôt qu’à l’hôpital, qui pourraient atténuer une augmentation potentielle plus importante des frais de santé.

Le Moyen Orient et l’Afrique sont les seules où on n’observe pas de baisse significative des frais de santé en 2020 par rapport à 2019. L’inflation est attendue à 8,7% en 2020 comme en 2019, mais 2021 est projeté à 10%.

Dans les pays du Golfe, l’utilisation de la télémédecine s’est développée, ce qui pourrait aider à contenir la hausse des dépenses. Il sera intéressant d’observer les positions prises par les gouvernements quant à la prise en charge des dépenses liées au COVID pour le dépistage, le diagnostic, les traitements et les vaccins. Certains Etats ont commencé à prendre à leur charge ces frais avant de les transférer vers les assureurs. L’inflation médicale est restée élevée dans les pays d’Afrique francophone, où l’on observe moins de développement de services de télémédecine qu’en Afrique anglophone.

Auteur

Director Benefits International

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