Etude : Les bancassureurs, grands champions de la rentabilité en IARD particuliers

L’écart se creuse entre les bancassureurs et le secteur traditionnel de l’assurance sur le marché IARD des particuliers. Un exemple à suivre, selon le cabinet Facts & Figures.

Le secteur d’assurances dommages des particuliers est réputé difficile et peu rentable. Mais dans ce domaine, les bancassureurs ont creusé l’écart avec les compagnies d’assurance et les groupes mutualistes. “Les bancassureurs écrasent le restant du marché en termes de résultat technique sur les risques de particuliers”, affirme clairement le cabinet Facts & Figures, dans son baromètre 2013 des assurances dommages.

Des écarts croissants de rentabilité entre les bancassureurs et le reste du marché

La rentabilité des réseaux traditionnels sur les risques particuliers est à la peine face à des bancassureurs qui ont su développer des modèles industriels. Le constat est sans appel. Le ratio résultat technique net (RT) sur chiffre d’affaires (CA) atteint 8,7% pour les bancassureurs contre 2,3% pour le marché, 2% pour les compagnies et 0,4% pour les mutuelles sans intermédiaires (MSI), pourtant spécialistes des risques particuliers (données 2011).

Le Crédit Mutuel, pionnier de la bancassurance, sort champion de ce palmarès aux côtés d’Axa. Le ratio RT/CA du Crédit Mutuel atteint 13,8%. “Il a su construire le modèle le plus performant”, souligne Facts & Figures. Le ratio d’Axa France est de 11,4%. “Ses opérations de redressement technique ont clairement porté leurs fruits”, commente le cabinet.

Crédit Mutuel et Axa surperforment

Les bancassureurs ont également mis la main sur les risques divers vendus en masse et générant d’excellent résultats, qui constituent une véritable “manne. Les bancassureurs dépassent ainsi désormais 10% de parts de marché en IARD. “Leur succès en non-vie des particuliers doit amener le secteur à se poser la question des bonnes réponses à apporter face à des modèles particulièrement industriels, tant sur le commercial, que sur la gestion et le pilotage”, insiste les experts de Facts & Figures. Le secteur a pu ramener à l’équilibre (depuis 2011) les résultats techniques en MRH et automobile en pratiquant des hausses de tarifs, mais elles semblent aujourd’hui trouver leurs limites auprès des consommateurs.

L’IARD pro et entreprise n’est pas “le nouvel eldorado”

Pour autant, sur l’ensemble de l’activité dommages, les réseaux traditionnels se défendent grâce à l’IARD des professionnels et entreprises. Chasse gardée des compagnies et dans une moindre mesure des MSI, les risques d’entreprise offrent une très bonne rentabilité qui permet de faire remonter les performances des réseaux traditionnels. Cela profite nettement aux courtiers qui présentent des ratios RT/CA globaux en dommages de 8,2%, supérieurs à ceux des bancassureurs (7%) et des agents généraux (6,1%).

Grâce au plus gros réseau d’agents (3400 agents) et son positionnement privilégié avec les courtiers, Axa est le leader en dommages d’entreprises avec 28% de part de marché qui lui apportent 408M d’euros de résultat technique.

Mais, cette stratégie orientée vers les pros et les entreprises est fragilisée par la crise et les défaillances d’entreprises. Le chiffre d’affaires sur ces risques ne progresse pas, le potentiel de croissance est limité et la concurrence se durcit, prévient Facts & Figures. Pour le cabinet, ce marché ne doit pas être considéré comme “le nouvel eldorado“.  A l’inverse, il estime “qu’une baisse des résultats techniques est hautement probable dans les prochaines années” alors qu’ils se redressent pour les particuliers.