Etats-Unis: Le sauvetage d’AIG influencé par Wall Street, selon le Congrès

Le Congrès des Etats-Unis a dénoncé jeudi l’influence de Wall Street dans le choix de l’Etat américain de sauver l’assureur AIG en septembre 2008 et de rembourser intégralement ses créanciers.

« Tous ceux impliqués dans le sauvetage d’AIG avaient l’état d’esprit soit d’un banquier, soit d’un régulateur bancaire », a estimé dans un rapport le Comité de surveillance parlementaire (COP) du plan de sauvetage de la finance américaine.

« Les personnes d’un petit groupe de cabinets d’avocats, de banques d’investissement et de régulateurs apparaissent dans la saga AIG et beaucoup d’autres épisodes de la crise financière dans des rôles multiples, en représentant parfois des intérêts différents et conflictuels », a-t-il relevé.

« Les avocats qui représentaient les banques essayant de monter un plan de sauvetage pour AIG devinrent les avocats de la Banque de réserve fédérale de New York, changeant de camp en quelques minutes », a-t-il expliqué.

« Ces mêmes banques apparaissent d’abord comme conseillères, ensuite comme sauveteurs potentiels, ensuite comme contreparties liées par différents types d’accords avec AIG, et au final comme les bénéficiaires directs et indirects du sauvetage par l’Etat », a-t-il relevé.

Et d’après le Comité, « beaucoup des régulateurs et des responsables gouvernementaux sont d’anciens salariés des entités qu’ils surveillent ou qui ont bénéficié du sauvetage ». « Il n’est donc pas surprenant que l’opinion publique américaine reste convaincue que le sauvetage a été conçu par Wall Street pour aider des acolytes de Wall Street, avec peu d’accent sur la préservation du bien commun », a conclu le COP.

Le coûteux sauvetage d’AIG, nationalisé au lendemain de la faillite de la banque d’affaires Lehman Brothers, a régulièrement été critiqué par les parlementaires à cause du choix de ne faire subir aucune perte aux principaux partenaires en affaires du groupe, comme les banques Goldman Sachs ou Société Générale.

Washington, 10 juin 2010 (AFP)