Edito : Le paradis sur TerRe

Au nom de toute la rédaction de News Assurances Pro, je vous souhaite tout d’abord une très belle année 2012.

Même si ce mois de janvier n’est pas des plus rigoureux, nombreux sont ceux qui partent dans les stations de sports d’hiver pour profiter de la neige. A contrario, d’autres préfèrent rejoindre des destinations plus chaudes, comme des îles paradisiaques bordées de plages de sable fin et dont la fiscalité est avantageuse.

Transition toute faite pour parler de réassurance, secteur pour qui ces destinations de rêve et notamment l’île des Bermudes sont familières. Faut-il revenir sur le statut fiscal si particulier des Bermudes, paradis des réassureurs depuis le milieu des années 1990 où les capitaux circulent à vitesse « grand Re » ? Certains ont même rebaptisé la capitale de l’archipel Hamilton, en « Hamilton Re », tant le petit morceau de terre compte de sièges de réassureurs, pas toujours aussi transparents que l’eau qui les entoure…

Aujourd’hui, outre sa mission première d’ « assurer les assureurs », le secteur de la réassurance a d’autres vertus, dont celle d’attirer la convoitise des élus de certaines régions du globe. Le but : dynamiser l’économie locale. Et depuis quelques mois ce sont les îles Caïmans qui ont décidé de déclarer la « guerRe aux Bermudes».

Paradis fiscaux

Pour stimuler les commerces et l’industrie des Caïmans, le chef du gouvernement William McKeeva Bush a lancé une grande campagne de séduction à destination des réassureurs et de leur personnel. Le politicien a déployé une véritable stratégie marketing pour encourager les enseignes à délaisser les Bermudes au profits des Caïmans, et les arguments pèsent lourd dans la balance.

Permis de travail valable 10 ans, aide d’avocats spécialisés pour mener son activité, pas de taxe sur les revenus, pas d’impôt sur les sociétés et la liste est encore longue… En plus des nombreux avantages fiscaux déjà existants sur l’archipel, le gouvernement s’engage même à réduire la « paperasserie bureaucratique » pour faciliter les affaires. Bref, on sert le paradis aux réassureurs sur un plateau, avec un petit parasol et une rondelle de citron s’il vous plaît…

Et parmi les centaines de sociétés qui arborent la fameuse syllabe « Re » à leur patronyme, bon nombre se frottent les mains. En effet, cette opération séduction est de très bonne augure avant la mise en place de Solvabilité II qui prévoit une hausse de la demande en réassurance pour tous les acteurs. Le secteur a donc de beaux jours devant lui.

Archipel satuRé

Tous les réassureurs ne sont pas tranquillement les pieds dans l’eau au large du golf du Mexique car les îles ont mauvaise presse. L’année dernière par exemple, une proposition de loi du sénateur du Massachusetts Richard Neal visait à taxer les transferts de risques des assureurs américains vers les réassureurs dont le siège n’est pas situé aux États-Unis. Enfin, parmi les 200Mds de dollars de volumes de primes de réassurance en 2010 (en hausse de 4%), ce sont les grands ténors de la place qui supportent les plus gros risques et visiblement, ils n’aiment pas être entourés d’eau pour travailler.

Si une place au soleil semble donc facile à prendre chez les réassureurs, le trop grand nombre de petits acteurs rend la tâche moins alléchante qu’il n’y paraît et avoir une adresse sur une île n’est pas toujours gage de sérieux. Enfin côté français, même s’il se murmure que le réassureur Scor pourrait déménager dans les mois qui viennent (on parle de l’avenue Kleber, Paris 16e), il n’est pas encore question de s’installer sur l’île de Ré…