Drones : Le Lloyd’s s’attend à une forte demande d’assurance

    Le marché du drone explose, tout comme les risques liées à leur fabrication ou à leur utilisation. Le Lloyd’s, spécialiste du marché de l’assurance et de la réassurance s’attend à une forte demande de couverture en assurance et identifie cinq risques majeurs.

    Le Lloyd’s a publié un rapport sur les drones et les clés pour le secteur de l’assurance pour faire face à l’envolée de ce nouveau marché. Les dépenses d’acquisition devraient ainsi doubler d’ici à 2024 pour atteindre les 91Mds de dollars (81Mds d’euros). Le secteur de l’assurance suit la tendance et développe déjà des produits couvrant notamment la responsabilité civile (obligatoire dans l’Union européenne pour les appareils de plus de 20kg), la perte matérielle, ou encore les dommages causés aux composants.

    Le Lloyd’s s’attend à une explosion de la demande d’assurance. “Les drones sont désormais utilisés à travers de nombreux secteurs commerciaux comme l’agriculture, l’infrastructure, le cinéma, la logistique et les services de sécurité et, à ce titre, nous prévoyons une flambée de la demande en assurance au fur et à mesure que les applications commerciales se multiplient et que l’usage s’intensifie“, souligne Guy-Antoine de La Rochefoucauld, directeur pour le Lloyd’s en France.

    Les offres d’assurance devront donc s’adapter aux risques liés à l’exploitation de ces drones. Dans son rapport, le Lloyd’s en identifie 5 majeurs. En premier lieu, la négligence ou l’imprudence des pilotes. “Les assureurs pourraient faire face à des préoccupations particulières liées au fait que les opérateurs sur le terrain ne se sentiraient par concernés par les risques survenant dans les airs”, précise le rapport. Il appuie ici sur le facteur humain lié à l’utilisation des drones.

    Autre risque, celui d’une réglementation inégale selon les pays. Le Lloyd’s insiste sur la nécessaire harmonisation au niveau international, comme c’est par exemple le cas dans l’aviation. Le Lloyd’s s’inquiète également du fait que “l’industrie se développe trop rapidement pour les régulateurs, incapables de surveiller les applications faites des drones”. Le risque est ici un détournement de l’utilisation des drones.

    Les drones sont en outre particulièrement vulnérables aux cyber-attaques. Preuve en est, l’existence d’une communauté de hackers de drones selon le Lloyd’s. En tête des préoccupation figure enfin l’atteinte à la vie privée. “Les drones ont la capacité de pouvoir être utilisés dans un grand nombre de domaines. Les fabricants, les régulateurs et les utilisateurs devront travailler de concert pour s’assurer que cette technologie est utilisée de façon sécuritaire et responsable”, indique le rapport.

    Le secteur de l’assurance se tient prêt à répondre à l’émergence de ces risques dans le cadre d’une réglementation claire et structurée. Notons qu’à l’instar d’Allianz, certains assureurs ont eux-mêmes recours aux drones, notamment pour la phase d’expertise sur des lieux rendus inaccessibles par un sinistre.