Dette américaine : « L’effet domino » que craignait le patron de Munich Re sera évité

Alors qu’un accord a été trouvé in extremis aux Etats-Unis, « l’effet domino » de la crise de la dette que craignait  Nikolaus von Bomhard, patron du premier réassureur mondial, Munich Re, devrait être évité.

Dans un entretien au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung de lundi, Nikolaus von Bomhard, le patron du premier réassureur mondial Munich Re s’inquiétait de l’absence d’accord politique aux Etats-Unis et d’un défaut de paiement américain.  « Nous pourrions encore supporter un défaut de paiement partiel des Etats-Unis. Mais en tout état de cause, cela nous vaudrait des maux de tête, en raison de l’effet domino que cela déclencherait », a jugé le responsable.

Cependant, le président Barack Obama et le Congrès sont finalement parvenus dans la nuit de dimanche à lundi à un accord pour relever le plafond de la dette. Un relèvement du plafond de la dette d’au moins 2 100Mds de dollars est prévu pour permettre au Trésor de faire des emprunts. L’accord permettra, s’il est adopté par le Congrès avant mardi minuit, d’empêcher l’état américain d’être confronté à un défaut de paiement, alors que les agences de notation menaçaient d’abaisser la note de la dette souveraine des Etats-Unis.

« Il n’existe plus de placement sûr »

Conséquence des crises de la dette aux Etats-Unis et en Grèce, le patron de Munich Re qui gère 200 Mds d’euros d’actifs a estimé qu’« un emprunt d’Etat n’est plus ce qu’il était par le passé, (à savoir) un investissement sûr à tout égard ». « Il n’existe plus de placement absolument sûr, auquel nous étions habitués depuis des années », a ajouté Nikolaus von Bomhard.

Il estime que si les dirigeants européens « ont fait preuve de capacités de négociations » lors du sommet à Bruxelles sur la dette grecque, tous les problèmes n’ont pas été réglés. « L’Europe ne supportera pas de nouvelles crises et de nouveaux remèdes à la crise » comme ceux décidés pour venir en aide à la Grèce, a-t-il averti.

Le plan d’aide à la Grèce adopté jeudi propose un menu d’options aux créanciers privés -banques et assurances- pour leur permettre de maintenir leurs engagements vis-à-vis de la Grèce sur une base volontaire. Tous prévoient une décote d’environ 21% sur la valeur comptable des titres d’Etat grecs.