Crash vol AF 447 : Le Brésil arrête les recherches, la France maintient ses moyens

    Le Brésil a décidé d’arrêter les recherches des corps et débris du vol AF447 d’Air France accidenté entre Rio et Paris, mais la France maintient d’importants moyens dans la zone, se donnant encore plusieurs jours pour tenter de retrouver les boîtes noires de l’avion.

    Presque quatre semaines après le crash de l’Airbus A330 d’Air France, dans la nuit du 31 mai au 1er juin, “aucun corps n’a été découvert depuis neuf jours”, a justifié vendredi soir le lieutenant-colonel Henry Munhoz à Recife, dans le nord-est du Brésil.

    Considérant que ce qui pourrait encore être trouvé en mer était désormais “insignifiant”, la Marine et la Force aérienne brésiliennes ont choisi de mettre fin à leurs recherches.

    Les opérations, menées avec l’aide de navires français et d’avions espagnols et américains, ont permis de repêcher dans les eaux de l’océan Atlantique 51 corps parmi les 228 victimes du vol, dont celui du commandant de bord et d’un steward. Les dépouilles ont été prises en charge par les militaires brésiliens.

    Au total, plus de 600 pièces –corps et débris de l’appareil– ont été récupérées à l’heure actuelle.

    Malgré la suspension des recherches en surface coordonnées par le Brésil, auxquelles participait un Falcon 50 français, la France maintient tous ses moyens déployés dans la zone présumée du crash dans le cadre des recherches des boîtes noires, coordonnées par le BEA, a indiqué samedi l’état-major des armées à Paris.

    “Cela n’a aucun impact sur nos recherches”, a confirmé une porte-parole du BEA, le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses chargé de l’enquête technique. Elle a réaffirmé que le BEA continuera à chercher en mer les enregistreurs de vol, communément appelés les “boîtes noires”- de l’Airbus au-delà du 30 juin, tant que cela représentera un “effort raisonnable”. Le BEA a prévu de présenter jeudi un “premier rapport factuel” sur l’accident, dont les causes restent indéterminées.

    Sur la zone du crash, la France conserve donc le sous-marin d’attaque nucléaire Emeraude, des navires de guerre Mistral et Ventôse (actuellement en ravitaillement à Fortaleza, nord-est du brésil), le navire d’exploration sous-marine “Pourquoi pas”, équipé du sous-marin Nautile, d’un robot et de deux remorqueurs équipés de matériel de détection acoustique. Un avion d’observation Atlantique basé à Dakar est par ailleurs en alerte et mobilisable en cas de besoin, a détaillé l’état major des armées.

    Les débris repêchés par les moyens français ont été regroupés à bord du Mistral, quelque 300 pièces pour un volume de 35 m3.

    En cas de détection d’une nouvelle dépouille ou d’un autre débris de l’avion, ils seraient bien entendu récupérés, mais depuis le 16 juin aucun corps et très peu de débris ont été localisés. Mais les enquêteurs espèrent toujours retrouver les boîtes noires, même au-delà du 30 juin, date à laquelle elles sont censées ne plus envoyer de signaux.

    Déterminantes pour expliquer les causes du crash, les balises auxquelles sont reliés les deux enregistreurs de vol, voix et paramètres techniques, pourraient émettre encore plusieurs jours après le délai théorique d’émission de 30 jours, espère le BEA. L’issue des recherches françaises restent néanmoins très incertaine vu la profondeur (évaluée entre 3.000 et 5.000 mètres) et le relief de l’océan sur la zone de l’accident.

    AFP